Analyse politique des relations économiques internationales
Contribution
anonyme par « SB ».
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Sujet : gestion de la politique économique par les différents acteurs
depuis 1945, conséquences économiques des choix politiques
1.
Trois
dimensions
Ces écoles apportent toutes 3 aspects fondamentaux :
- l’aspect empirique : elles sont
descriptives
- l’aspect prescriptif : elles ont
toutes une idéologie
- l’aspect prédictif : selon leur
compréhension des relations politiques économiques internationales.
2. Développement séquentiel: mercantilisme
classique, libéralisme, marxisme
Tout le monde est influencé par une de ces trois écoles (Cf :
tableau), elles se sont nourries les unes des autres.
Les premiers à théoriser les relations internationales sont les
mercantilistes (15-18ième). Les relations économiques
internationales sont alors la meilleure occupation possible des mers afin de
ramener de l’or. La puissance d’une nation équivaut à son montant d’or, et donc
le jeux des relations internationales est d’amasser le maximum d’or.
L’acteur principal est l’état qui va manipuler les relations économiques
internationales (REI) de façon à amasser le plus d’or possible pour promouvoir
le bien-être national (c-à-d l’économie et l’armée). Les acteurs économiques
privés dépendent de l’état. Le libre-échange est contre-productif et dangereux,
le commerce doit être géré par l’état nation.
Le mercantilisme est le pendant économique du réalisme.
Les premiers à réagir contre cette théorie sont les libéraux qui
développent l’idée de l’avantage comparatif et pensent que le libre-échange est
bénéfique. Le libéralisme représente alors un défi économique et un courant
politique (liberté de l’individu).
Fin 19ième les marxistes contestent la théorie du libre-échange,
qui, selon eux, mène à des dérapages sociaux.
Dès le 20ième ces mouvements évoluent.
1.
Tableau
comparatif: critères de comparaison
Voire tableau sur feuille volante ou p.27 du texte de Gilpin
1. Evolution
par rapport au mercantilisme classique
La version actuelle a du s’adapter à l’évolution et aux défis théoriques des libéraux. Ils sont d’accord avec l’idée de croissance globale du bien-être, mais ils rajoutent que c’est la répartition de ce bien-être qui compte, il y a selon eux un problème de distribution important qui est négligé par les libéraux. Ils se rapprochent ici des marxistes sauf qu’ils ne considèrent pas les inégalités entre différentes classes sociales mais entre différents états.
L’acteur principal est l’état-nation dont le but est de maximiser le
bien-être national. L’état est donc premier et les entreprises doivent se
conformer à lui.
2. Quelques exemples
Ex: L'UE a un aspect libéral mais également néo-mercantiliste. La politique
agricole commune permet aux états d'intervenir dans les échanges
internationaux. Intervention du commerce stratégique leur permet d'intervenir
dans certains domaines (recherche et développement), ex: conflit Boing/Airbus.
La conséquence du néo-mercantilisme est le risque d'avoir une course aux
alliances, des blocs régionaux. Ex: USA/UE (jeu à somme nulle).
Cependant le néo-mercantilisme montre qu'il est difficile de séparer
l'économie de la sécurité. De plus l'ouverture des frontières risque d'amener
de forts transferts de travailleurs qui impliquent une intervention du
gouvernement pour ce qui concerne les attaches sociales.
1. Micro-fondements
Le libéralisme a trois micro-fondements :
- l’individu
- le marché
- la propriété privée
2. Libéralisme et relations économiques
internationales
C’est selon ces trois fondements que la production des richesse est
optimale, grâce au libre marché. Les REI permettent d’essayer d’approcher au
mieux les conditions du marché libre (le marché mondial est la taille optimale
du marché).
La liberté d’échange (capital, travail, produits…) est essentielle.
Dans cette perspective les états-nations ne disparaissent pas mais ils ne
sont pas les acteurs principaux. Les acteurs les plus importants sont les
individus et les groupes d’individus. Cependant, le libéralisme ne demande pas
la fin de l’état, celui-ci est nécessaire en tant qu’arbitre ou/et gendarme. Il
doit surveiller le marché et la propriété privée. Il doit également produire
certains biens publics que le marché ne fournit pas (échecs de marché) mais
dont il dépend. Au niveau international le rôle du gendarme est joué par les
organisations internationales : OMC…
Aujourd’hui le libéralisme veut promouvoir le libre-échange et stabiliser
le contexte. Par rapport aux pays en voie de développement les ultra-libéraux
se nourrissent du succès des dragons du sud-ouest asiatique, tandis que les
plus teinté parlent de problèmes d’infrastructure ; il faut d’abord que
ces pays s’adaptent pendant un certains temps et les aider durant cette
période. C’est la théorie de l’infant-industry.
Marxismes
1. De Marx à l'école de la dépendance
Marx ne dit pas grand-chose des relations internationales, il est plus
intéressé à la production des richesses au niveau national. Les néo-marxistes
voient les relations internationales d'un point de vue systémique et divisent
le monde en plusieurs parties (ex: Wallerstein parle du centre, périphérie,
semi-périphérie).
Il y a un autre courant plus tiers-mondiste (Dépendance) né en Amérique
latine qui s'appuie sur les coûts sociaux de l'échange international sur les
pays en voie de développement.
La version actuelle du marxisme est la deuxième génération de néo-marxisme,
qui est la première étude sur les multinationales (qui transmettent le
capitalisme qui vient du nord) faite par des universitaires américains.
2. L'école de la Dépendance
C'est une approche micro qui date des années '60-'70 avec les auteurs Frank
et Cardoso. Cette école s'intéresse aux distorsions sociales des pays en voie
de développement qui doivent s'adapter au marché capitaliste international.
Elle est issue de la pensée de sociologues qui ont une vision très noire et
très pessimiste quant au développement de ces pays.
Selon eux il n'y a pas d'améliorations possibles pour les pays qui partent
déjà désavantagés. Pourquoi ce pessimisme ? Il y a deux aspects:
- Les capitalistes adoptent des stratégies optimales, ils
planifient l'exploitation des pays du sud. Cette planification passe par des
canaux complexes: un noyautage de la société. Ils développent une élite
indigène "à la solde" du capitalisme. Par exemple en Amérique latine
cette élite est souvent représentée par les militaire. Les capitalistes leur
donne le pouvoir en échange de l'instauration de structures capitalistes.
- Il est difficile de mobiliser les mécontents et donc on ne peut
espérer des révolutions.
L'apport principal de l'école de la dépendance est une description très
précise de la transformation de la société. Elle montre la transition difficile
des sociétés primitives (basées sur des aspects culturels) vers un régime
capitaliste. La solution serait de se fermer au nord et de développer une
coopération régionale. (Samir Amin se penche sur ce problème en Afrique).
La théorie de la dépendance n'a plus vraiment la cote aujourd'hui car elle est trop ralliée au
marxisme. De plus ses prédictions n'ont pas marché dans certains pays. En
effet, les pays du sud-est asiatique ne correspondent pas aux prédictions selon
lesquelles un pays initialement pauvre le reste. Il y a donc un problème
empirique qu'ils n'ont pas réussi à résoudre.
Un autre problème de cette théorie est celui des définitions. Il faudrait
mieux définir la situation de départ des pays, qu'est-ce que la dépendance…
3. L'économie monde
C'est une approche macro dont le représentant est Wallerstein. Cette
théorie essaye de montrer la montée et le déclin de la puissance qui passe par
certaines zones: centre, périphérie, semi-périphérie.
Wallerstein montre la robustesse d'une économie monde basée sur le
capitalisme et quelles sont les nations qui ont été au centre et comment elles
ont évolué. Cependant il ne l'explique pas très précisément. Il explique plus
le déclin que la "montée". Il dit également que les pays capitalistes
ne sont pas unis, ils se battent pour le centre.
Synthèse
1. Tableau comparatif
Voire tableau p.27 texte de Gilpin
1.
Le
problème de la coopération et les trois écoles de pensée
Libéraux
Selon eux, la coopération devrait être quasi automatique car tous le monde
gagne à échanger par une meilleure allocation des facteurs de production.
Cependant ils reconnaissent que ce monde idéal n'existe pas, donc il faut un
arbitre discret qui interviendrait au minimum.
Dépendance
La coopération est à éviter, coopérer avec le nord revient à "vendre
son âme au diable". Cependant, la coopération doit être recherchée avec
ceux qui sont de même niveau. Ils prônent donc une coopération très sélective.
Néo-mercantilistes
La coopération doit être recherchée uniquement si elle aide à bâtir des
alliances pour résister à d'autres. C'est également une coopération très
sélective dans un but de survie.
INSTITUTIONS INTERNATIONALES ET LE PROBLèME DE LA
COOPéRATION
Dilemmes de l'action collective
La théorie des
jeux sert à voire les obstacles à la coopération. Postulat de base: chaque
acteur est rationnel et recherche son intérêt.
1.
Collaboration
C'est le jeu du dilemme du prisonnier. Les intérêts communs ne vont pas
être réalisés car chacun pense que les autres ne coopéreront pas. Le resquillage
est la stratégie dominante des deux acteurs, il n'y a donc pas de résultat
optimal, rien ne se fait, la coopération (3,3) est instable (chacun veut aller
ou il a 4). L'idée est de transformer les acteurs pour les amener à coopérer.
Exemple du dilemme du prisonnier: la démilitarisation.
Dilemme du prisonnier
|
|
C |
non C |
|
C |
3,3 |
1,4 |
|
non C |
4,1 |
2,2 |
Création du bien public
- Ce jeu explique la création des biens publics: si on le crée, on
ne peut empêcher que d'autres en profitent, certains préfèrent donc resquiller:
ne rien faire.
- Un seul acteur peut produire le bien (sinon resquiller ne sert à
rien)
- Il n'y a pas d'effet de rivalité de consommation.
La collaboration est un cas très problématique de coopération car il y a
une méfiance qui donne un contexte défavorable.
2. Coordination
Dans ce jeu, les acteurs sont convaincus qu'il faut coopérer, mais ils ne
savent pas comment.
Présupposé: les acteurs veulent s'entendre mais chacun veut atteindre son
point optimal.
Poule mouillée
|
|
C |
Non C |
|
C |
3,3 |
2,4 |
|
Non C |
4,2 |
1,1 |
2 équilibres: 2, 4 et 4,2.
Pareto supérieur = 3,3 2,4 4,2 : on ne peut améliorer la situation d'un
des acteurs sans nuire à celle de l'autre.
Bataille des sexes
|
|
C |
Non C |
|
C |
2,2 |
3,4 |
|
Non C |
4,3 |
1,1 |
2 équilibres: 3,4 et 4,3
Pareto supérieur = 4,3 3,4
Dans le jeu de la poule mouillée la nuance est plus
grande, et donc la difficulté à se mettre d'accord est plus grande.
Création du bien public
- Théorie du best shot: il faut que celui qui a la meilleure
technologie développe le bien public pour que tous le monde puisse en profiter.
- La création du bien public doit donc être laissée à un leader,
il ne faut pas que chacun essaie de le créer.
3.Assurance
Présupposé: l'information est optimale (ceci est difficile à concevoir dans
les relations internationales car le processus de prise de décision se fait au
niveau interne, il est difficile pour notre partenaire de connaître nos
décisions)
Chasse au cerf
|
|
C |
Non C |
|
C |
4,4 |
1,3 |
|
Non C |
3,1 |
2,2 |
Création du bien public
- il correspond au fait qu'aucun des acteurs ne peut vraiment
produire le bien tout seul, donc la faiblesse de chacun rend la coopération
nécessaire pour tout le monde
- Ce jeu est différent des autres car il émet l'hypothèse que le
bien public ne peut pas être créé par un seul acteur.
4.Groupe privilégié
C'est une situation très harmonieuse ou les deux acteurs sont prêts et
capables de coopérer. Chacun a une stratégie dominante: collaborer quelle que
soit la position de l'autre.
|
|
C |
Non c |
|
C |
4,4 |
2,3 |
|
Non C |
3,2 |
1,1 |
Création du bien public
- Le bien est optimal car tout le monde le fait (contraire du best
shot)
- Donc, il n'y a pas de dilemme de l'action collective (reprend la
théorie libérale).
Cependant, le plus souvent dans les relations internationales il n'y a
qu'un seul acteur prêt et capable de créer le bien public. Cet état crée donc
le bien qui est exploité par les autres (suasion).
Suasion (persuasion)
Etat hégémonique
|
|
C |
Non C |
|
C |
4,3 |
2,4 |
|
Non C |
3,1 |
1,2 |
Ce jeu est un mélange du groupe privilégié et d'un autre jeu, il est asymétrique: les acteurs ont des ordres de préférence différents. L'état hégémonique a le type de préférences du groupe privilégié. Le petit état a les préférences relatives au dilemme du prisonnier. Donc le grand état va toujours coopérer tandis que le petit à tendance à faire le free rider. Le grand va donc essayer de persuader le petit de coopérer. Ex: L'OTAN: les USA payent le prix fort mais ils essaye de faire coopérer l'Europe un maximum.
Les prévisions que donnent la théorie des jeux se basent sur les préférences des acteurs (1à 4), la difficulté est de justifier ces préférences, or c’est ce qui est important. Il faut donc regarder les intérêts des acteurs.
Qu’est ce qui influence les ordres de préférence ?
-
la taille du
pays (capacité à absorber les chocs)
-
considérations
de politiques interne (capacité d’extraire les ressources) soutien populaire.
Ex : on coopère au niveau international si l’on est assuré du soutien
populaire
Les matrices symétriques sont des idéaux types
assez rares. On trouve plus souvent des matrices asymétriques, car les pays
sont différents.
1. Qu’est ce qu’une institution ?
Définition de l’institution dans le régime international
(Cf : Krasner) :
Ensemble des principes, normes, règles et procédures (ces termes sont énoncés ici du plus général au plus précis) sur lesquelles les attentes des acteurs convergent. C’est à dire acceptées en commun par un groupe d’acteurs qui les comprennent de la même manière et s’y conforment.
Exemple
de principes :
Le GATT
et le FMI représentent des
principes. Ces institutions partagent une idéologie libérale, elles souhaitent
une maximisation du bien-être par le free trade.
Exemple
de normes :
OMC :
-
libéralisation (abolition de quotas et des droits de douane)
-
traitement
non discriminatoire et égal
-
norme de
réciprocité
-
norme de la
sauvegarde (possibilité de se retirer temporairement du GATT) donc porte de
sortie légale
FMI :
-
chacun des
membres a un accès au financement en cas de déficit
-
s’abstenir
de manipuler les taux de change
Exemple
de règles :
C’est la mise en application des obligations qui découlent des normes. Plus le régime grandit et plus il y a de règles et procédures.
OMC : most
favored nation
FMI: conditions pour demander un financement
OMC : détails du
mécanisme de prise de décision
FMI : savoir à
qui demander quoi, combien de temps ça prend…
Krasner (néo-réaliste dont le but est de donner
une existence aux régimes en dehors des état-nations) fait la distinction entre principes et normes ( changement de
régime) ainsi qu’entre règles et procédures (changement à l’intérieur du
régime). Le prof ne fais pas cette distinction lorsqu’il parle de changements
institutionnels. Il focus surtout sur les normes et les règles.
Définition de l’institution pour les économistes : règles du jeu. Le marché est une institution, le G7 n’est pas une OI mais a une influence, c’est donc un régime.
2. Dilemme de l’action collective et rôle des
institutions internationales
Les régimes sont utiles pour la coopération
internationale car ils permettent de manipuler les comportement des états afin
de permettre la coopération internationale.
Celle-ci se fait par 4 axes stratégiques :
1. Les
institutions….
2. Les
institutions affectent les conséquences des actions des états
3. Les
institutions favorisent la connaissance au moment ou les acteurs font leur
choix
4.Les institutions
influencent les valeurs fondamentales au moment ou les acteurs interagissent
Le premier axe représente les stratégies
de type préventifs (permet de restreindre le champs d'action) et créatifs
(permet d'élargir le champs d'action).
Le deuxième axe représente la stratégie de
la carotte et du bâton: elle est plus coûteuse car il faut rémunérer certains
types de comportement.
Les axes 3 et 4 représentent des
stratégies cognitives et normatives.
structure de la collaboration (dilemme du prisonnier)
|
3, 3 |
|
|
|
2, 2 |
C'est la stratégie de la carotte et du
bâton, pour changer la structure d'interaction il faut sortir du dilemme.
Stratégie des institutions: elles
utilisent les sanctions et les récompenses; pour éliminer la possibilité de
tricher elles emploient le mécanisme de surveillance des états, ce qui donne
lieu au problème de la souveraineté des états: en donnant des pouvoirs étendus
aux institutions, les états acceptent surveillance et sanction.
structure de la coordination
|
|
3 , 4 |
|
4 , 3 |
|
Il y a ici le risque que les acteurs ne
s'entendent pas.
Stratégie des institutions: éliminer
certaines opportunités (stratégie préventive, il ne reste plus qu'un choix), ou
rendre une opportunité automatique (stratégie créative, il n'y a qu'une option
envisageable). Il n'y a pas de punitions mais des auto-sanctions. La diffusion
de l'info modifie les opportunités (ex: internet)
structure de l'assurance
|
4 , 4 |
|
|
|
2 , 2 |
Problème: doute l'un sur l'autre.
Incapacité de faire ce que l'on a dit.
Stratégie des institutions: de type
créatrice: modification des opportunités.
structure du groupe privilégié
|
4 , 3 |
3 , 4 |
|
2 , 1 |
1 , 2 |
Un acteur a intérêt à créer le bien et poussera l'autre à en partager
les coûts.
Stratégie de l'institution: la conséquence
pour ceux qui ne font rien est la sanction.
Certains pensent que toute problématique
de coopération passe par la création d'organisation internationales,
d'institutions.. mais ce n'est pas le seul moyen (ex. privatisation des mers).
On tend d'ailleurs à préférer d'autres moyens car la création d'institutions
est compliquée et coûteuse.
3.
La
création des institution: facteurs d'explication
Il y a trois étapes dans la création des
institution:
4.
il faut un
problème et que tout le monde soit conscient de ce problème
5.
il faut
trouver une solution institutionnelle particulière
6.
il faut
mobiliser les ressources nécessaires pour leur création ( argent, technologie),
ceci fait référence à la capacité du gouvernement à extraire des ressources.
On trouve dans ces trois étapes les
facteurs d'explication fondamentaux de la création des institution:
· au niveau systémique: les ressources et la
distribution ( voire: Keohane)
· au niveau cognitif: quel est l'état de la
connaissance scientifique dans le domaine qu'on veut réglementer (voire: Haas)
· au niveau de la politique interne:
configuration politique des acteurs qui veulent créer l'institution (voire:
Milner)
Les
acteurs
Quels sont les acteurs qui influencent la création d'institutions?
· les experts : ce n'est pas un groupe de
pression car ils n'ont pas d'intérêts individuels dans la création de l'institution.
· les états: ce sont les acteurs principaux
Haas:
Il pense que les experts sont très utiles
lorsque il y a du flou. Plus le problème est nouveau et plus les experts ont
une possibilité d'influencer la création d'une institution. les experts sont
également très importants en situation de crise. Par ex. le choc économique des
années '30 a ouvert des opportunités d'action aux économistes (FMI).
Problème: ces experts tombent toujours
d'une manière ou d'une autre dans les groupes de pression.
Mobilisation
des ressources
Une fois les solutions possibles établies,
les états négocient sur les différentes options et sur la mobilisation des
ressources. Le problème est le mise en oeuvre et le respect des accords. Lors
de la phase de mobilisation des ressources, il est important que l'opinion
publique soit d'accord avec la création de l'institution.
Conditions pour mobiliser les ressources:
· théorie de la stabilité hégémonique (néoréalistes): il faut un grand acteur
qui se charge de créer les institutions internationales car c'est lui qui a le
plus d'intérêts à cette création (ex. USA & Bretton Wood). Cependant, le
fait d'être hégémonique ne signifie pas que l'on puissent employer ses
ressources n'importe quand et comment. il faut avoir la capacité d'avoir
l'approbation des mécanismes de contrôle interne (ex. USA & Congrès). En
effet, le but du gouvernement est de survivre et cela grâce aux votes, il va
donc regarder ce que lui coûte l'institution en terme de votes (il prend le
choix de l'électeur moyen qui vote en terme de chômage et d'inflation). Il faut
également définir de quelle manière on mesure l'hégémonie: niveau
économico-militaire, capacité de
mobiliser au niveau interne, technologie.
· théorie de l'émergence spontanée (libéraux classiques): les institutions
naissent spontanément et de l'accord de tous les acteurs. Cette théorie ne se
vérifie pas vraiment au niveau empirique.
· théorie de l'oligarchie: c'est un petit groupe d'acteurs
prépondérants qui décide de la création de l'institution. Cette théorie est une
alternative entre un seul et tout le monde, elle est très importante
aujourd'hui car c'est elle qui explique le mieux la création des institutions.
Facteurs de politique interne pour la
mobilisation des ressources:
· on remarque que le système présidentiel
est plus à même de mobiliser des ressources que le système fédératif qui est
trop lent.
· ces facteurs dépendent du contexte
international. contexte signifie ici normes et principes diffus, acquis qui
existent en relations internationales et qui facilitent la création des
institutions. On remarque que ce n'est pas parce que ces acquis sont denses que
la création est forcément plus facile: en effet, pour changer un système déjà
établi il faut remettre en cause beaucoup d'éléments, ce qui est très coûteux.
Il est donc difficile de revenir en arrière, le contexte a enlevé de l'agenda
certaines options qui ne sont plus possible à cause des acquis.
7.
L'évolution
des institutions
Les facteurs cognitifs des ressources du
pouvoir et de la politique interne comptent pour comprendre l'évolution des
institutions. Plusieurs idées sur l'évolution des institutions :
· si l'état hégémonique disparaît,
l'institutions disparaît également
· si les conditions internes changent
radicalement l'institution va évoluer car l'état ne sera plus à même de
respecter ses engagements
· les institutions changent si elles sont
basées sur des évidences scientifiques fausses
Ces idées ne prennent pas en considération
le fait que l'institution une fois crée a sa logique propre et qu'elle peut
survivre par elle-même quelles que soient les modifications des conditions de
sa création.
Disparition
de l'état hégémonique
Comment l'institution peut avoir une vie autonome ? L'approche de Keohane
(stabilité hégémonique) nie tout ce qui n'est pas du domaine des modifications
des ressources du pouvoir. Selon lui, une institution survit s'il n'y a pas de
changements dans la répartition du pouvoir chez les membres. Il donne trois
exemples d'évolution de régimes:
· le régime monétaire international (FMI)
· le régime commercial international (GATT)
· le régime pétrolier mondial
Le régime pétrolier est celui qui a subit
le plus de changements. Ces changements sont dus à l'érosion des ressources
pétrolières propres aux USA (l'état hégémonique) qui n'ont plus eu d'autres
alternatives que d'acheter du pétrole dans les pays producteurs (disparition de
l'hégémonie).
Dans le cas du régime commercial il est
plus difficile d'appliquer la théorie de la stabilité hégémonique car il n'y a
pas eu de changement complet du GATT. Mais Keohane montre que la théorie marche
quand même en expliquant que même si leur rôle a diminué, les USA sont toujours
les principaux commerçants du monde.
Les biens produits par les trois régimes
(financiers, commerciaux, pétrol) sont différents. L’influence des institutions
sur ces biens varie d’un domaine à l’autre. L’institution est faite sur mesure
par le plus fort (suasion), lorsque l’état hégémonique décline, on retombe dans
un jeu de type dilemme du prisonnier, assurance ou harmonie.
Dans le cas du régime monétaire il
faudrait que le dollar baisse pour avoir une évolution.
Le problème de Keohane est de ne pas
dissocier le bien public de l'institution. En effet, l'institution n'est pas le
bien, mais l'instrument qui cherche à le produire. Dans le cas de l'état
hégémonique l'institution sert à faire participer les autres (à payer) au bien,
elle a donc un but coercitif. Si l'état hégémonique décline, l'institution
décline également mais pas le bien ( qui n'est pas en danger par ce déclin).
Evolution
de la politique interne
Si une modification de la politique
interne peut amener un changement au niveau international, cela devrait être
observable plus souvent! Les engagements internationaux priment souvent sur les
modifications de la politique interne. Si les USA demandent des changements du
FMI ils auront plus de chances que ces changements se fassent que si c'est la
Suisse que le demande. On peut dire que les changements de politique interne ne
sont pas un facteur déterminant de l'évolution de institutions.
Dès 1945 a lieu la mise en place du système monétaire. Le but est de corriger le tir par rapport aux échecs de l’entre deux guerres.
De 1870 à 1919 on emploie le système de
l’étalon-or : toutes les monnaies ont leur équivalent en or. Il a fallut changer ce système car il n’y avait
plus assez d’or .
Entre 1920 et 1939. On passe donc au
système de l’étalon de change or. C’est un mélange entre l’or et certaines
monnaies nationales. Il y a cependant une perte de confiance dans la valeur de
ces monnaies et les états cherchent à maximiser leur contenance en or. Ce
problème de confiance plus le manque d’or aboutit à une une crise grave, le
système ne fonctionne pas. Il y a en plus des problèmes de politique
interne : on ne peut plus donner la priorité au maintient du système
externe, l’élite doit à présent tenir compte des revendications des syndicats…
Il y a donc des divergences internes.
Le système de Bretton Wood (BW) mis en
place en 1944 est basé sur l’étalon dollar.
1. Philosophie
Avec BW on veut garder une certaine rigidité mais on veut que du pouvoir discrétionnaire soit laissé au gouvernement parce que sinon l’oppinion publique s’opposera aux institutions.
2. Premier acte : Bretton Wood
Ces éléments sont la banque mondiale et le fond monétaire. Il y a deux notions centrales : la convertibilité (on veut pouvoir échanger les monnaies pour pouvoir commercer) et le système de taux de change fixes mais ajustables.
-
Flexibilité :
toute monnaie a un équivalent en $ qui est lui-même encré sur l’or. Donc seul
le $ est convertible en or. Si on veut changer des livres en or, il faudra
d’abord les changer en $. Il faut faire une notification au FMI si on veut
évaluer ou dévaluer sa monnaie de plus de 10%.
-
Accès à des
liquidités détenues par le FMI (c’est le système des quotas). Tous les membres
doivent y souscrire. Le montant initial qu’un état donne au FMI détermine
combien il pourra emprunter. Chaque pays doit donner une partie de son quota en
$.
-
Le FMI
prévoit le contrôle des mouvements de capitaux. Cela permet une certaine
autonomie de la politique nationale.
Selon Riché : on ne peut pas décider
de la fixité, il faut choisir entre la libre circulation des capiataux et le
taux de change fixe, mais on ne peut avoir les deux. Le système de BW veut
l’autonomie politique (car les états veulent atteindre le plein emploi) et a
donc oublié la libre circulation des capitaux.
Le plan Keynes (G-B) :
Le FMI serait une sorte de banque centrale
mondiale qui serait la seule pour diriger une nouvelle monnaie. Ce système
prend en compte le problème de la souveraineté des états et choisit de créer un
pouvoir supranational et une nouvelle monnaie plutôt que de choisir une monnaie
existante. Tous le monde est donc sur le même pied d’égalité. Ceci n’a pas été
accepté par les USA
Le plan White (USA) :
Le FMI agit de manière discrétionnaire, il
s’agit d’une cooperation décentralisée basée sur le $.
Comment revenir en équilibre lorsqu’il y a un déficit ou un excédent : Le système de BW prévoit 3 moyens :
-
Changement
de la parité. Il faut l’accord du FMI pour un changement de plus de 10%. Au
lieu de réduire nos dépenses, on rend les importations plus coûteuses et les
importations moins coûteuses. Ceci est un moyen facile de remédier à un déficit
commercial.
-
Emprunter
des liquidités. On ne peut le faire que lors d’un déficit.
-
Réduire ses
dépenses en renchérissant le coût de l’argent, ceci implique une baisse de la
masse monétaire. C’est le moyen le plus dur mais le plus sain.
En respectant ces choix les acteurs créent
un climat de confiance. Il y a d’autres moyens qui ne sont pas prévus par le
système de BW et qui font baisser la confiance :
-
Utiliser la
planche à billets, dans le système de BW il n’y a que les USA qui peuvent le
faire. Ce moyen est interdit car les USA doivent garder une crédibilité dans le
$. S’il y a trop de $ sa valeur baisse et les gens voudront s’en débarrasser.
Ceci era baisser la confiance.
-
On ne peut
essayer de s’ajuster en manipulant les échanges (liens entre BW et le GATT).
Paradoxalement, la difficulté du change fixe est
d’obtenir un niveau nécessaire de liquidités.