Etat de nature        Etat de société

Intégrité corporelle ->  pouvoir législatif

Auto-défense &
auto-justice           ->  pouvoir exécutif

John Locke (1632 – 1704)

Contrairement à Hobbes, qui est un individualiste autoritaire et croit qu’il faut sacrifier la liberté pour gagner la paix, John Locke est un individualiste libéral. Il ne croit pas dans un Léviathan avec autorité absolue, mais au contraire, il vise à éliminer le despotisme, à éliminer l’arbitraire. Il ne faut pas sacrifier, il faut conserver la liberté. Locke est un précurseur du libéralisme politique (et, dans une moindre forme, économique), un précurseur des Lumières, et un théoricien politique de la révolution anglaise (1688).

Sa vie

John Locke étudie la médecine, puis il devient le conseiller de Charles II. Il séjourne en France et développe une haine contre les tyrans du type Louis XIV. Né 44 ans après Hobbes, il vit aussi la tempête autour de Cromwell. Mais de la guerre civile anglaise, il tirera bien d’autres conclusions. Accusé de conspiration, Locke se réfugie au Pays-Bas en 1683. Finalement, dans la Révolution Whig de 1688, la liberté, la religion protestante, et surtout : le Parlement, l’emportent. Locke offert sa théorie aux Whigs victorieux.

Etat de nature

L’homme, par nature, est raisonnable et en parfaite liberté et égalité (Hobbes est d’accord). Mais contrairement à Hobbes, Locke croit que l’homme est bon par nature (avec certains inconvénients, comme son goût pour la vengeance). L’homme a aussi le droit naturel de punir et de la propriété privée. Mais il vit dans un « état de manque », dans un état d’impuissance. D’où le besoin d’établir un gouvernement par un contrat social.

Etat de société – séparation des pouvoirs

Aussi le contrat social nous rappelle Hobbes, mais sa forme est bien différente. Locke invente la distinction des pouvoirs :

o        le législatif, qui occupe la position la plus importante, pouvoir « sacré »

o        l’exécutif, subordonné au pouvoir législatif, mais pas subalterne. Locke est pour un roi comme Guillaume d’Orange, mais contre un roi comme Charles I.

o        confédératif : relations avec l’extérieur

 

Il y a 2 raisons pour séparer le pouvoir :

1)      L’exécutif est toujours actif, le législatif ne l’est pas.

2)      Il faut limiter la tentation naturelle d’abuser le pouvoir.

 

Les droits naturels

Il n’introduit pas un pouvoir judiciaire, comme le fera Montesquieu. Pour Locke, c’est le peuple qui devrait trancher en cas de conflit entre les pouvoirs. Il va aussi loin de dire que le peuple a un droit d’insurrection, dont l’illustration est la « Glorious Revolution ».

Le pouvoir est seulement un dépôt et non un contrat de soumission.HH Il n'est nullement question de se soumettre complètement à un pouvoir absolu. Il s’agit d’un consentement du peuple. Le droit naturel se marie ici avec la Constitution anglaise.

 

La propriété privée fait partie des droits naturels. L’exploitation la plus avantageuse de la terre est par appropriation personnelle.

 

La société civile, c’est la propriété.

La société politique, c’est l’accord volontaire des individus propriétaires.

Le pacte social, c’est un contrat entre des propriétaires.

 

Conclusion

La souveraineté ne reste pas avec l’Etat, mais avec le peuple.