John Stuart Mill (1806 – 1873)

Mill se trouve entre la passion du 18e siècle pour la liberté, la raison et la science, et entre le trend du 19e siècle vers l’empirisme et le collectivisme.

Introduction

Il y a 3 raisons pour étudier Mill :

 

1)      Continuité dans la pensée politique anglaise ; absence de rupture comme 1789 en France.

2)      Mill représente plusieurs courants de pensée : libérale, écossais, utilitariste, etc.

3)      Il pose des questions qui sont toujours valables : Quelle est la liberté ? Quelle est la place du gouvernement dans la société ? Quelle est la position de la femme dans la société ?

Le contexte politique (1790 – 1832)

Il y a essentiellement 4 problèmes qui se posent pendant la vie de Mill :

 

1)      Le problème électoral : Système politique compliqué qui favorise l’aristocratie.  Faut-il augmenter le suffrage ?

2)      Le problème commerciale : Libre-échangisme ou protectionnisme ?

3)      Le problème social : Quelle type de société suivant la révolution industrielle ? Comment gérer la misère ?

4)      La question irlandaise : L’Irlande doit-elle avoir son parlement ? Devrait-on annuler l’annexion ? Laisser aux Irlandais leurs religion ?

Les réponses : le contexte idéologique

1)      Radicalisme philosophique :
- Bentham, utilitariste (le plus grand bonheur pour le plus grand nombre) / Smith, Ricardo (économie politique)
- Opposition à l’aristocratie foncière
- Opposition à l’Eglise anglicane
- Opposition au protectionnisme
- Pour une codification du droit anglais
- Pour la démocratie représentative (suffrage universel)

2)      Whiggisme (libéraux) :
- Ferguson, Macaley / bourgeoisie montante et les aristocrates (Chambre des Lords, Ecossais)
- Réforme constitutionnelle avec l’abolition des bourgs pourris
- Contre le protectionnisme
- Culte du bien public : i.e. instruction public & gratuite

3)      Tory :
- Peel : refus de toute réforme. N’aiment pas les étrangers, les révolutionnaires français, l’Eglise catholique

4)      Idéologie radicale :
1) Radicaux britanniques (Paine, Coleridge, Godwin) : réforme parlementaire (république), tolérance religieuse, améliorations sociales
2) Socialistes ricardiens (Thompson) : Principes de Ricardo contre celui. Distribution des richesses.
3) Socialistes utopiques (Owen) : Nouvelle société avec des règles de société très importantes. Mettre en pratique les principes de solidarité. Enorme influence sur Mill.

La vie de Mill

Très bonne éducation précoce. Discussions avec son père, Bentham et Ricardo. Devient athée. Rédacteur en chef du « Westminster Review ». Très grands problèmes psychiques ; mariage avec Mme Taylor.

 

Mill est influencé par la pensée politique est sociale française :

o        St. Simon : périodisation de l’histoire

o        Tocqueville : marche irrésistible vers la démocratie ; démocraties locales ; despotisme démocratique ; tyrannie de la majorité

o        Comte : refuser historicisme (« à priori ») ; une science sociale n’est pas possible sans entrer dans les mobiles de chacun

« Le système de logique » (1843)

Cet ouvrage est surtout une réponse à Comte. Il dit que la science sociale est possible (N.B. : il faut découvrir ce que les choses sont, mais pas comment ils doivent être) et qu’il n’y a pas de vérités absolues. Il critique l’apriorisme, l’intuitionnisme et les philosophes qui prétendent qu’il y a des vérités absolues

« Les principes de l’économie politique » (1848)

Cet ouvrage parle surtout de la place de l’Etat dans la société. Il travaille beaucoup sur ce livre, le change toujours à cause de 4 raisons :

 

1)      Il voit la misère toujours plus fort et l’apparition du prolétariat.

2)      Le chartisme

3)      Les mouvements socialistes mettent en doute la propriété privée.

4)      La mauvaise réponse du gouvernement britannique à la famine irlandaise

 

Mill distingue les loi de la production, lesquels il considère naturel, et les lois de la distribution, où une intervention de l’Etat est possible et souhaitable. Ces 3 grands innovations sont :

 

1)      Il faut assurer un minimum vital par des coopératives de la production et il faut légiférer les salaires.

2)      Il faut taxer les revenus des rentes fonciers. « A chacun le produit de son travail »

3)      L’Etat doit prendre en charge la formation et la santé (précurseur de l’Etat social et de la sécurité sociale)

« De la liberté » (1859)

Ecrit conjointement avec sa femme, ce troisième ouvrage a trois objets :

 

1)      Défendre la souveraineté de l’individu sur son propre corps et son propre esprit

2)      Protestation contre les règles de la société victorienne

3)      Condamnation du conformisme ; dénonciation de l’opinion publique

 

Pour Mill, l’individualisme est un élément du bien-être. Il faut avoir une liberté de discussion absolue, ce qui renforce encore son argument qu’il n’y a pas de vérité absolue.

Conclusion

John Stuart Mill évoque la dimension éthique dans l’économie politique.

Il est un libéral influencé par des objectifs sociaux.