Hegel: méthode et contenu sa pensée = dialectique (thèse, antithèse, synthèse)

 

Feuerbach : étudiant de Hégel ; matérialisme sensualiste : les gens et leurs besoins matériaux doivent être le fondement de toute pensée sociale et politique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Taux de plus-value =

Surtravail / Force de Travail

 

Taux de profit =

CC / CC & CV

Karl Marx (1818 – 1883) et les marxistes

Karl Marx est avec Friedrich Engels le co-fondateur du socialisme scientifique, du communisme moderne. A étudié la philosophie, le droit, la science politique et l’histoire.

La révolution industrielle

La machine à vapeur était déjà inventée au 2e siècle AJ en Grèce mais c’est seulement en 1769 que James Watt, un préparateur de l’Ecosse, la rend pratiquement utilisable. Stimulation de la production des mines. La machine à vapeur se propage sur le continent européen (1825 – 1860) et aux Etas-Unis (fin 19e).

 

Cette révolution crée une masse du prolétariat, la base du socialisme moderne. Les premiers précurseurs sont Fournier, Owen et surtout St. Simon. Celui-ci fait apparaître la notion de « socialisme » pour la première fois, faisant référence à l’Utopie de Platon. Il est fortement marqué par les Lumières. Sa dimension spirituelle est montré dans Le Nouveau Christianisme (1825).

 

D’autres précurseurs : Bazar Enfantin, Charles Fourrier, Cailleux, Hippolite.

Karl Marx (1818 – 1883)

St. Simon influence aussi le jeune Marx. Son père est juif assimilé, convertis au protestantisme ; par profession avocat.

 

Marx étudie le droit mais s’intéresse beaucoup pour la philosophie. Son doctorat de philosophie porte le titre : « Philosophie de la nature chez Epicure et Démocrite ». A Berlin il rencontre des néo-Hégéliens de gauche. Il rencontre aussi Feuerbach qui a transposé la notion de l’aliénation de Hegel. Marx reprend cette notion, mais de la coté économique.

 

Marx devient journaliste dans la Rheinische Zeitung (1841 – 42), où il se montre comme démocrate social. Mariage avec Jennifer Westphalen (noblesse, marqué des St. Simonies et des Lumières). En 1844, il se met ensemble avec Engels à Paris pour formuler systématiquement les principes théoriques du communisme et pour organiser un mouvement international des ouvriers. Engels fait deux études sur la classe ouvrière en Angleterre et une critique de l’économie politique (ce dernier ouvrage frappe Marx). Marx fait une Introduction à la critique de la philosophie du droit de Hegels.

Conception matérialiste de l’histoire

Marx part pour Bruxelles, où il crée sa perception matérialiste de l’histoire. Un ouvrage important de la philosophie de Marx est Les thèses sur Feuerbach (matérialiste, étudiant de Hegel). Marx parle du matérialisme de l’histoire, Engels du matérialisme historique (Marx refuse aussi le terme matérialisme dialectique d’Engels). « La philosophie a interprété l’histoire, maintenant, il faut transformer l’histoire ». Il prône donc une philosophie concrète et critique.

 

En 1848, les deux publient pour la « société des communistes » le « Manifeste du Parti communiste », un programme pour le mouvement marxiste-communiste. Le manifeste dit que, à chaque époque de l’histoire et pour chaque société, le système économique par lequel les nécessités de la vie sont produites, détermine l’organisation de la société et l’histoire politique et intellectuelle de l’époque. L’histoire, c’est une histoire de lutte des classes. Il faut donc abolir les classes. Le manifeste est publié plusieurs centaines de millions de fois jusqu’aujourd’hui.

 

Après la révolution de 1848, Marx est expulsé de la Belgique ; il va finir à Londres pour le reste de sa vie où il vit dans la misère, travaillant comme journaliste. Pendant 30 ans, il écrit Le Capital, dont le tome 1 est publié en 1867 (les tomes 2, 3 et 4 seront publié par Engels, puis Kautsky). Il va à Manchester ; Engels le soutient.

 

Le révolutionnaire crée, en 1863, l’Association Internationale des Travailleurs. La Première Internationale (1864) est un pas important pour la diffusion du marxisme.

Théorie de la valeur

Dans Critique de l’économie politique (1859), Marx introduit la théorie de la plus-value : il distingue la « force de travail vendu par l’ouvrier » et le « produit du travail vendu par le capitaliste ». Seulement le travail humain donne la sur-value. C’est la différence entre la valeur d’usage et la valeur d’échange : Voilà la plus-value du travail, le profit du capitaliste. Et le salaire ne correspond souvent pas au minimum d’existence. (cf. aussi Le Capital)

 

Pour être précis, Marx distingue le capital constant et le capital variable. Seulement le dernier crée la plus-value. Alors le plus grand le capital constant, le moins grand le profit. Cette tendance à la baisse des profits est contrecarrée par une augmentation de la production, ce qui augmente le profit absolu. Le résultat :

o        Concentration des entreprises / accumulation des capitaux

o        Prolétarisation : les petits artisans (l’ancienne classe moyenne) disparaissent. Aussi les agriculteurs souffrent.

o        Paupérisation du prolétariat
(Kautsky : Paupérisation relative ; Henri De Man : Paupérisation psychologique)

 

Il s’inspire chez les auteurs classiques comme Petty, Malthus, Smith, Ricardo, mais aussi des physiocrates. Il interprété ces auteurs d’une façon néo-hégélianiste (comme Feuerbach).

Déterminisme économique

Marx est un philosophe, mais aussi un économiste. Il croit que l’homme se distingue des autres êtres dans le fait qu’il doit travailler pour sa subsistance. Les forces productives sont :

o        la nature : l’eau, le bois, etc.

o        les techniques : machines, etc.

o        la division du travail

 

Les rapports de production sont à la base de tout. Ces forces productives matérielles sont l’infrastructure sur laquelle la superstructure (politique, juridique, religieux) se construit quasiment d’une manière automatique. Mais Marx voit que la technique est de plus en plus culturelle et intellectuelle. Donc Marx lui-même est beaucoup moins déterministe économique que les marxistes après lui et la social-démocratie allemande (par Kautsky) le seront.

 

Marx fait une grande contribution au problème de l’idéologie. Hegel était un idéaliste absolu. Le matérialisme de Marx devrait être la synthèse du matérialisme ancien et de l’idéalisme.

La révolution

La mission des marxistes est de donner de l’espoir aux désespérés. La révolution doit être faite par la grande majorité de la population, en liquidant la classe bourgeoise. Contrôle collectif des moyens de production. Le destin d l’humanité, c’est une société sans classes et sans Etat.

 

Mais comment va se passer cette révolution ?

 

Pas tout le monde est d’accord : les anarchistes Proudhon et Bakounin veulent l’abolition de l’Etat. Marx croit que pour une phase transitoire, il faut encore l’Etat. Il est polémiste contre ces autres socialistes. Bakounin est exclut en 1872 de la 1e Internationale.

 

Pendant une période socialiste, il y aura toujours une distribution inégale des ressources. Marx décrit cette période comme « dictature du prolétariat ». Il ne voit cette forme de dictature pas en opposition avec la démocratie. Pendant cette phase, il faut – par un nouveau droit socialiste – instaurer progressivement cette société sans classes.

 

Finalement on entre dans la période communiste sans classe et sans Etat. Marx ne veut pas décrire cette nouvelle société. Etienne Cabet : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ». Forme ancienne de St. Simon : « De chacun selon ses capacités, à chaque capacité selon ses œuvres. »

Edouard Bernstein (1850 – 1932)

Edouard Bernstein, juive, né à Berlin dans une famille bourgeoise. Il adhère au parti socialiste allemand en 1872. Il doit se réfugier en Suisse. Rédacteur en chef du Sozialdemokrat avec Kautsky (1881 – 1890). Après il va en Angleterre où il fait la connaissance d’Engels, dont il devient l’exécuteur testamentaire (mort d’Engels 1896).

 

Comparé avec Marx et Kautsky, il est plus libéral. En 1897, Bernstein publie ses thèses révisionnistes, qui contredisent Marx et Engels. Le débat est sur la révolution

Trois thèses analytiques de Bernstein

1)      La concentration des entreprises n’est pas aussi fort que prédit

2)      Il n’y a pas de prolétarisation de la classe moyenne. Il y a une nouvelle classe moyenne !

3)      La crise capitaliste ne va pas lui mener à son effondrement

 

Il faut donc un changement progressif, pas la révolution.

Trois thèses sur la démocratie

1)      Même dans le régime bourgeois, la démocratie ne pas seulement formelle. Il ne faut pas la sacrifier (Etat de droit, droits fondamentaux)

2)      La révolution est ni possible ni souhaitable.

3)      Seule une morale nouvelle pourra fonder le lien entre le socialisme et la social-démocratie. Bernstein s’éloigne de la thèse marxiste selon laquelle tout est donné par l’économie (contre le déterminisme économique). La motivation devrait être éthique pour une plus grande justice sociale.

Réactions aux thèses de Bernstein

La première critique (dès 1899) vient de Kautsky, qui défend le marxisme orthodoxe, donc la révolution. La première orthodoxie marxiste (prétendue) est publiée avant que l’œuvre de Marx soit publié !

 

Beaucoup de socialistes constatent une dichotomie entre la doctrine marxiste et la réalité, spécialement après l’entrée de la social-démocratie dans la politique officielle (institutions socialistes efficaces).

 

Kautsky est favorable aux crédits de guerre en 1914; Bernstein est contre. Pour Lénine et Trotzky, la 1e guerre mondiale est une affaire bourgeoise.

 

Le Kautskisme est une pensée radicale, orthodoxe et partiellement incompatible avec la réalité.

Jean Jaurès (1859 – 1914)

Français d’une famille bourgeois, professeur de philosophie; thèse secondaire : « Sur le socialisme allemand chez Luther, Kant, Fichte, Hegel » ; député centre-gauche en 1885 - 1889.

 

Histoire socialiste de la Révolution française (1901 – 1904) : Les facteurs économiques n’expliquent pas exclusivement la Révolution, mais sont liés aux facteurs des hommes et leurs idées.

 

Sa philosophie : tendance panthéiste sans rompre avec le catholicisme. Il adhère au socialisme (1892) pour des raisons éthiques (position des pauvres). Il faut une conjonction du socialisme avec les droits de l’homme. Il veut conquérir le pouvoir par le parlementarisme et le réformisme. Membre de la SFIO, il ne s’est jamais vraiment distancé du Marxisme.

 

Congrès des pacifistes à Bâle (1912). Le pacifiste engagé est assassiné en 1914 par un nationaliste. Avec lui finit le socialisme pacifique et internationaliste.