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Vertu &
propres armes: - installer, + conserver Fortune & armes autrui: + acquérir, -
conserver Scélératesse : Despotique : - conquérir, + maintenir Aristocratique : + acquérir, - maintenir Républicain : -- maintenir |
Nicolas
Machiavel (1465 – 1527)
Le grand secret
de Nicolas Machiavel, c’est l’amour de l’Italie. Il a le rêve d’un
libérateur, d’un rédempteur de l’Italie. C’est pour ça qu’il adore César
Borgia, duc de la Romagna. L’amoralité dans l’œuvre de Machiavel est
frappante et lui fera fameux. La Renaissance
C’est la
redécouverte de l’Antiquité
gréco-romaine et de ses auteurs et une relativisation du christianisme. La
Renaissance commence au nord de l’Italie dans les circonstances de
l’effondrement de l’empire romaine de Byzanze (réfugies) et de la diffusion
de la presse et des œuvres antiques. Le contexte
économique et social est issue de la Peste noire, de la Guerre de Cent ans,
et de l’apparition de l’artillerie. La Réforme bouleverse
l’Eglise ; elle commence avec les 95 thèses du moine bénédictin Martin
Luther (1517).
A Genève, c’est Calvin qui dirige la Réfèrme dès 1541
(conservatisme calvinien). Suite à la Saint Barthélémy (1572 ;
10'000 – 20'000 Huguenotes sont tués), les Monarchomaques (contre les Princes
tyranniques) donnent aux Réformes une nouvelle orientation. Florence est une des cités principales de la
Renaissance. Les savants, mathématiciens et artistes y vivent. La ville est
dominée par la famille des Médicis, mais pendant trois ans, le pouvoir
reste chez Girolamo Savonarola, un prêtre réformateur qui règne dans
une manière démocratique mais meurt comme martyr. Origine du
« Prince »
Machiavel vient d’une famille bourgeoise. Devient un
haut-fonctionnaire : secrétaire de la seconde Chancellerie de la
République florentine ; secrétaire à la disposition des Dix de
Liberté et de Paix, chargée des missions étrangères. Mais la
République florentine est renversé, Machiavel – qui a réorganisé la défense
sur la base de la conscription - torturé et envoyé en Exile, abandonné par
les Médicis. Il tente sa réhabilitation, mais réussit seulement
partiellement, chargé d’écrire une histoire de Florence. De conviction
républicaine, il est quand même prêt à collaborer avec cet Etat de
l’absolutisme monarchique venant du droit divin, parce que l’idée de servir
l’Etat est plus importante pour lui que la forme de l’Etat. C’est
également en exile ou il rédige « Le Prince » Son grand ouvrage : Le Prince
(1513/31)
« Quelle est l’essence des principautés, de
combien de sortes il en existe, comment on les acquiert, comment on les
maintient, et pourquoi on les perd » - voilà comme Machiavel décrit son
sujet, qui est véritablement un sujet de science politique : Comment
régner une Principauté ? Cela est spécialement important pour un Prince
nouveau (Julien de Médici, après Laurent). Sa perspective est strictement le réalisme. Il
se contente de parler du pouvoir réel. Les principautés
Sortes de
principautés :
Il distingue
plusieurs façons d’acquérir des principautés :
Machiavel
néglige complètement la question de la légitimité. Ce qui compte,
c’est le droit du plus fort. Le seul objet des Etats est la guerre ;
alors il faut des troupes nationales. Il y a trois modes
de gouvernement:
Le Prince
Le Prince, vivant en danger permanent, doit apprendre à
ne pas être toujours bon, à l’être ou pas « selon la nécessité ». Ce
qui compte, c’est uniquement le résultat : survie personnelle et
préservation de l’Etat. La
condition humaine ne permet pas de toujours être bon. César Borgia semble
être le type du Prince nouveau. Il rétablit l’ordre avec la cruauté. Le Prince doit se montrer parcimonieux et doit
surtout être craint, agissant parfois comme renard, parfois
comme lion. Par contre, il est bon d’apparaître bien : Vertu
du paraître, du faire-croire, de l’hypocrisie. Le Prince a le devoir de veiller sur les desseins des
puissants dans l’Etat et sur les desseins des puissances environnantes. Il
doit se méfier des autres Princes puissants et bien choisir ses conseillers. Machiavel fournit à Julien, puis à Laurent de Médicis,
toutes les recettes du pouvoir. Réception du Prince
La 1e
édition apparaît seulement 1532 avec l’accord
du Pape. Mais plus tard, l’église condamnera le livre. Après la Réforme, les
échos sont forts. Montesquieu
cite Machiavel. Didérot et Rousseau
réhabilitent Machiavel qui voulait, selon eux, dénoncer le despotisme et la
tyrannie. Napoléon I. avait une haut estimation du livre, comme d’ailleurs
Lord Bayron et Goethe (nationalisme, romantisme). Catherine de Médicis
s’inspire pour Saint-Bartélemy. Lu par Mussolini. Les 8 interprétations du
Prince
1)
Traité
sur la tyrannie (traité de machiavélisme). Pour : Justification d’une politique
moralement condamnable, mais nécessaire. Référence pour les despotes.
Contre : Préférence de Machiavel pour la République. 2)
Traité
machiavélique.
Pour : Rousseau ;
Machiavel le rusé veut donner une leçon au peuple, dénoncer les politiques
cruels du Prince. Contre : Intérêt de la Patrie (raison d’Etat) >
intérêt de la République, justice, pitié, etc., deviennent secondaires. Pas
encore publier, donc rien dénoncer. 3)
Traité
patriotique.
Pour : Esprit de « Risorgimento ». Contre : d’autres
ouvrages, pas d’ouvrage sur le gouvernement italien. 4)
Traité
d’histoire.
Contre : Machiavel fait des jugements de valeurs. 5)
Traité
qui fonde la science politique. Pour : Approche sans religion ou morale. Contre : Mieux
chercher chez Platon, Aristote, … pas d’intérêt de théoriser. 6)
Précurseur
de la politique révolutionnaire bourgeoise (jacobinisme, marxisme, …). Pour :
Gramsci, Mussolini. Gagner le pouvoir, c’est morale. Contre : Avec le
prolétariat, le Prince doit avoir le support des masses. 7)
Traité
illustrant la théorie de la faiblesse politique. Pour : Machiavel décrit les faiblesses du
capitalisme. Contre : Il ne connaît pas les capitalistes, ni les
communistes… 8)
Critique
de la raison politique.
Jeanne Hersch, 1956. Pour : Justement la morale et l’éthique chez
Machiavel sont importants. La réussite est une exigence politique.
Autre sphère que l’éthique individuelle. |
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