La Chine: 1949 à 1989

 

Il y a deux trait s essentiels de la politique externe chinoise :

1.      Désir de maintenir et d’affirmer son indépendance vis à vis de l’URSS et des USA poids du souvenir : domination étrangère (Hong Kong, Macau  et Taiwan). La Chine est déterminée à ne plus avoir des atteintes à sa souveraineté.

2.      L’influence de l’idéologie et la défense de la révolution : la pureté idéologique prime  très présente dans les années de Mao, revient dans la réaction du gouvernement aux manifestations dans la place de Tiananmen. Pour défendre la révolution la Chine a préféré l’isolationnisme international.

La politique extérieure chinoise peut être divisée en trois phases :

- 1949 à 1963 : alliée soviétique ;

- 1963 à 1969 : leader révolutionnaire indépendant qui veut menacer les intérêts tant occidentaux que soviétiques  position dangereuse car la RPC n’est pas en position de force face aux deux grands.

- À partir de 1969 : alliée américaine.

Signes de disharmonie dans les relations sino-américaines :

En 1953 :

Pékin: L’aide américaine à Tchang Kaï Chek avant 1949, le soutien américain à Taiwan, le refus américain de reconnaître la RPC et le refus américain d’accepter que la Chine occupe un siège permanent au CS.

Washington : le sentiment de ‘loss of Chine’, le Traité sino-soviétique de 1950 et la guerre de la Corée. Sous l’administration Eisenhower, les USA feront un embargo commercial, culturel et économique contre la Chine.

En 1969 :

Pékin : La Chine veut retrouver sa place dans la communauté internationale. Le rapprochement avec les USA renforce la RPC face à l’URSS et au Japon.

Washington : Les relations triangulaires USA-URSS-RPC sont au cœur de l’administration Nixon. Les USA observent la dégradation des relations sino-soviétiques. La Chine passe d’ennemie mortelle à partenaire potentielle.

Signes de disharmonie dans les relations sino-soviétiques

1950 :

Pékin : L’URSS est perçue comme une puissance de valeur intrinsèque grâce à son potentiel économique et militaire, à sa place prééminente dans le mouvement communiste international et à son prestige en tant que berceau de la révolution socialiste. Mais les Chinois n’oublient pas que :

- Politique soviétique en Chine en 1948 est ambiguë : Staline suggère un arrangement bipartite (le Nord de la Chine aux communistes et le Sud aux nationalistes). En 1949, l’ambassadeur soviétique quitte la Chine avec les nationalistes. La RPC cherche encore une fois le contact avec les américains.

- L’URSS entend guider la direction du mouvement révolutionnaire en Chine et pourtant le soutien de l’URSS au PCC n’était que parcimonieux ;

- Wang Hing, un des principales adversaires de Mao dans les années 30 s’est réfugié en URSS ;

- Gao Gang, chef suprême de la Mandchourie pro soviétique entre 1945 et 1953,  mène une politique personnelle et est considéré comme homme du Kremlin. Il signe des accords de commerce avec l'URSS. Donc au fond, Mao n'est pas un interlocuteur pour Staline.

- La question de la Mongolie[1] et la question du Xinjiang[2] 

A partir de 1963 : Les méthodes soviétiques sont assimilées à une forme d’impérialisme fondé sur la menace, la contrainte et la parjure sur les plans économique et militaire. Diplomatiquement, l’URSS est caractérisée par la pactomanie et la satellisation. Elle a la prétention à l’infaillibilité et au monopole de l’orthodoxie.

Moscou :Pour Staline, Mao Zedong est devenu, après sa victoire en Chine, plus qu’un combattant héroïque, un rival potentiel d’envergure. Mao et Staline ont en commun la méfiance, la fourberie et une volonté hégémonique. En plus, l’ascension de Mao a lieu un peu après le schisme avec Tito en Yougoslavie.

Dans une conférence syndicaliste pour l’Asie en octobre 1949, le délégué chinois dit que la voie chinoise pour écraser l’impérialisme est un modèle pour tous les peuples colonisés et semi-colonisés (= les républiques soviétiques de l’Asie centrale)

1949 : La situation économique de la Chine en 1949 : « Indépendamment du retour à l’ordre, la Chine est confrontée à d’immenses difficultés que réclament des solutions urgents qu’elle ne peur trouver par ses seuls moyens. La réparation des dégâts par la guerre afin de relancer la production  et l’approvisionnement des millions d’affamés, surtout dans les villes, ne saurait être différés de même que la remise en état des systèmes d’irrigation, des installations industrielles, du réseau ferroviaire. Les pertes de la capacité cde construction dans le domaine du fer, du charbon, de l’acier et de l’énergie sont de l’ordre de 75%. » Elle a besoin de 2 à 3 milliards de dollars.

 

URSS et Birmanie, suivies par Inde, Pakistan, Norvège, GB (pression des dominions asiatiques, intérêts commerciaux en Chine) reconnaissent  le gouvernement de Mao en 1949. La France décide de ne pas le reconnaître le jour où Mao reconnaît le gouvernement du Vietminh en Indochine (1950). De Gaulle reconnaîtra la Chine en 1964.

 

Alliance sino-soviétique

 

URSS reconnaît le gouvernement chinois dès octobre 1949 et signe le traité du 14 février 1950. L’URSS préconise l’admission de la Chine à l’ONU et ne reconnaît plus la délégation de la Chine nationaliste. Le CS rejette la proposition soviétique d’exclure la Chine nationaliste. L’URSS boycotte le CS, le conseil de tutelle et le conseil économique et social jusqu’au 1er août 1950. C’est grâce à l’absence de l’URSS que les USA ont réussi à faire passer résolution du CS du 25/06/1950 qui condamne l’action de la Corée du Nord, exige la retraite des agresseurs au nord du 38e parallèle et demande l’aide des membres des Nations Unies pour rétablir le statut quo le retour de l’URSS)

 

Traité Sino-soviétique de 1950 : Le 17/12/1949, Mao arrive à Moscou accompagnée par quatre ministres. Il n'y a pas de véritable négociation entre Mao et Staline. Le 20/1/1950, le Premier Ministre Zhou Enlai vient à Moscou pour débloquer la situation. Avec lui, 16 experts en mines, commerce, finance, sidérurgie, etc. Après des discussions laboureuses, le traité est signé. On laisse de côté les différences territoriales et frontalières.

1950 :

Le 14/2/1950, le traité sino-soviétique est signé à Moscou (plus tard aussi à Pékin). C'est un traité méta-politique: La proximité idéologique pourrait laisser penser que rien ne pourrait écarter les deux puissances, qu'il y a une amitié éternelle. Le traité de 1950 est le premier acte diplomatique signé par la Chine en tant que partenaire libre, il a une validité de 30 ans et il comporte un volet diplomatique, un volet financier et un volet économique au sens large. Par le traité de 1950, URSS  aide et assistance : envoie des techniciens, know how et matériel militaire ; Promesse d’aider la China à construire la Bombe atomique.

 

Entre 1950 et 1957 :

A niveau interne : la révolution permanente.

A niveau international : Alliance entre RPC et URSS est au moins dans l’apparence bonne, mais on voit les germes de la rupture.

Remarque : Selon la doctrine marxiste-léniniste il ne peut y avoir des tensions entre pays socialistes ® conquête du pouvoir par communistes chinois serait un renforcement considérable du camp communiste.

 

Guerre de la Corée  Traité Sino-soviétique de 1950  permet l’intervention chinoise dans la guerre de la Corée sans le risque d’une attaque américaine dans son territoire. Alliance relativement bonne pendant la guerre de la Corée mais l’aide soviétique contre payement  ceci énerve les Chinois car ils font la guerre pour le communisme international.

Guerre de l’Indochine  aide chinoise à la RDVjusqu’en 1954 (traité de Genève)

 

1953 :

mars : Mort de Staline va permettre à la RPC d’essayer de construire une relation avec l’URSS en pied d’égalité (Mao ne voulait pas vraiment s’opposer à Staline, l’héritier de Lénine)

juillet : fin de la Guerre de la Corée  utiliser ses ressources pour la construction du socialisme chinois et force militaire contre Formosa.

USA : Eisenhower a pour but de briser les relations sino-soviétiques : soumettre la Chine à un régime extrêmement sévère pour qu’elle augmente les demandes d’assistance  auprès de l’URSS jusqu’à ce que l’URSS ne soit plus capable de les répondre.

 

1954 :

A la Conférence de Genève 1954 la Chine est plus occupée par la guerre en Indochine, l’URSS par la CED. En tout cas, la Chine n’est pas un satellite de l’URSS.

 

Signature des accords sino-soviétiques de Pékin :  Déclaration commune célébrant l’amitié et dénonçant les actes d’agression des USA et exprimés par le traité d’OTASE ; Retrait des troupes soviétiques de Port Arthur, installations conférées à la Chine sans compensation ; 4 sociétés mixtes sino-soviétiques transférées à la Chine avec remboursement ; Coopération scientifique et technique ; Deux voies ferrées reliant la Chine et URSS traversant le Xinjiang et la Mongolie extérieure

 

La question de Formose : RPC, dès son début revendique Formose, mais l’intérêt vital des USA (bases navales). A la fin de la guerre en Indochine 1954 des troupes de la RPC peuvent se tourner vers Formose. Le 4 sept 1954 les Chinois bombardent l’île de Quemoy (base nationaliste pour la reconquête de la Chine continentale).  USA  traité[3] est conclu entre Taiwan et USA, le 2 déc. 1954. Communistes chinois et URSS protestent.

 

1955 :

Janvier : RPC attaque les îles Tachen – USA aident l’évacuation de ces îles.

USA : ‘joint resolution’ : autorisation du Congrès pour défendre Formose, Pescadores et quelques lieux rapprochés  incertitude.

Avril : Zhou Enlai suggère l’ouverture des négociations.

Conférence de Bandung (avril 1955): La Chine essaye de jouer un rôle de leader dans le Tiers monde dans la lutte contre l’impérialisme  rapprochement avec l’Inde et renonce la protection des chinois dans le Sud-ouest asiatique.

 

1956 :

Discours de Khrouchtchev sur la déstalinisation (15/02/1956) Le rapport de Khrouchtchev  la déstalinisation et la dite "coexistence pacifique", est un évènement message, traumatique et crise.

La déstalinisation : Khrouchtchev dénonce "les excès, les turpitudes, le sadisme et la brutalité" de Staline. Celui aurait fait des déportations massives et arbitraires, et aurait violé la légalité socialiste.

Le procès Staline est un choc en URSS et dans plusieurs Partis Communistes dans le monde.

Perception chinoise : Le "Quotidien du Peuple" écrit le 5 avril 1956 que même si Staline a commis des erreurs, son oeuvre est un succès. Les Chinois ne sont, bien entendu, pas attaché à la personne de Staline, mais, selon eux, il faut préserver la figure du chef.

Les trois thèses de Khrouchtchev:

1) La guerre n'est pas inévitable[4]. Les Chinois vont quand-même taxer cette thèse comme une trahison des idéaux du marxisme-léninisme.

2) Il est possible d'accomplir la révolution sans recours directe à la force, mais par le jeu parlementaire. Il pense notamment au deux grands partis communistes de l'Europe occidentale. Les Chinois critiquent furieusement cette thèse.

3) Les voies vers le socialisme sont diverses[5].
 

Ces thèses n’impliquent pas en changement d'idéologie, mais quelques concessions car "La bombe atomique ne connaît pas la couleur de la peau, elle ignore la notion de classes, elle ne peut donc être mise au service du prolétariat". Il y a déjà une part de l'humanité qui est libérée, mais une autre qui reste en chaînes.

Pour Mao : l’attaque à Staline est tactiquement non judicieuse. Certes ce discours a irrité le PCC car aucun parti frère n’a été consulté, mais les causes de la rupture sont les opportunités données à Mao par Khrouchtchev :

1. Ce discours a permis aux Chinois de critiquer eux aussi la politique chinoise de l’URSS l’URSS doit traiter la RPC comme égale.

2. Mao croyait que les plans économiques dans le modèle soviétique (industrie lourde fort contrôlée par l’Etat) n’étaient pas adaptés aux structures chinoises. En déclarant que les voies du socialisme sont diverses, Khrouchtchev a ouvert à la Chine la possibilité de chercher un modèle autre que le soviétique.

 

1957 :

Février 1957 : Mao prononce son rapport La Juste solution des contradictions au sein du peuple et invite le PCC à susciter un vaste débat critique sur le fonctionnement du nouveau régime  Campagne des Cent fleurs (de la fin avril jusqu’en 08/06/1957) : ‘qui cent fleurs s’épanouissent, qui cent écoles rivalisent’ des critiques violentes provenant du monde des intellectuels et des étudiants. Des paysans silencieux commencent à quitter les coopératives. Le Parti, inquiet, met fin à cet épisode et lance la ‘campagne antidroitière’  400 mil personnes en prison ; 1,7millions des persécutés, 8% des membres du parti seront exclus.

Conséquences des ‘Cent fleurs’ : Mao prend le contrôle total du parti, la voie est libre pour le ‘Grand bond en avant’.

Octobre 1957 : lancement du Spoutnik Pour Mao c’est la preuve de la supériorité du bloc communiste, donc l’URSS n’a pas à suivre une politique de coexistence pacifique. Mao pense que le communisme doit être plus radical et agir dans les pays issus de la décolonisation  discours rhétorique car la RPC n’a pas les moyens des deux grands pour aider les mouvements du tiers monde.

 

1958 :

Mai 1958 :Voie original vers le socialisme, inspiré des idées de Mao : le ‘Grand bond en avant’  construire le socialisme par une forte augmentation de la production agricole lié à la construction des infra structures nécessaires et à une industrie localisée. Création de 26 mille communes ayant de 15 à 25 mil membres.

Simultanément, la diplomatie chinoise entre dans une phase de confrontation (double volonté : interne atmosphère de crise pour renforcer l’ardeur révolutionnaire; à niveau international  désir de confronter aux intérêts occidentaux).  Khrouchtchev fait des critiques voilés sur cette politique.

 

Mao cherche l’égalité entre le PCC et le PCU, donc la Chine doit mener une politique extérieure indépendante 08/1958 Le bombardement de Quemoy (libérer Taiwan) = déclaration d’indépendance vis-à-vis de Moscou crise entre USA et RPC.

Khrouchtchev : critiquer Mao serait contre-productif ; Support partiel à Mao dans l’espoir de garder un minimum de contrôle. En septembre, URSS prévient les USA de ne pas utiliser la Bombe A en Chine.

USA : Septembre, Eisenhower renforce son engagement de défendre Formose tout en se déclarant prêt à négocier06/09/1958, Zhou Enlai accepte de reprendre les négociations de 1955.

 

1959 :

Monté des tensions : URSS préoccupée par la belligérance et imprévisibilité  de la politique chinoise  diminuer la capacité chinoise de déstabiliser le système

1. URSS rejette à la Chine le prototype de la bombe A (juin 1959);

2. URSS reste neutre dans le conflit entre la Chine et l’Inde (URSS commence à courtiser l’Inde et lui prête 1,5 millions de dollars ; en 1950 elle n’a prêté que 300mil dollars à la Chine)

 

Perception de Mao : 1. URSS est incapable de respecter l’indépendance chinoise ; 2. URSS bascule vers une politique extérieure révisionniste ; 3. URSS intervient dans les affaires intérieures de la RPC.

 

1959 : Mauvaise récolte  Peng, le ministre de la Défense de la Chine, qui venait d’arriver de Moscou, critique le ‘Grand bond en avant’  Mao l’accuse d’être pro-soviétique car ‘le grand bond’ est un défi  à la prédominance idéologique soviétique. Le grand bond continue encore pendant une année.

Mars 1959 : différends avec l’Inde à cause du Tibet politique tiers mondiste chinoise devient plus radical : contre les neutralistes (Nehru et Tito) et pour  les anti-impérialistes (Sukarno).

Conséquences du ‘Grand bond en avant’ : famine (20 millions des morts) ; Mao sort de la scène politique laissant sa place à Deng Xiaoping et Liu Shaoqi (modérés)réduction des animosités envers URSS.

 

1960 :

17/07/1960  URSS appelle tous les techniciens soviétiques en Chine (et la Chine en avait plus que jamais besoin pour reconstruire l’économie). Remarque : en 1960 la rupture n’est pas inévitable.

 

Novembre 1960 : 81 partis communistes se réunissent à Moscou pour essayer de raffermir les liens entre les Partis communistes du monde entier: condamnation de l’impérialisme américain et du « révisionnisme » dont ils accusaient la Yougoslavie et du « dogmatisme » consistant à sacrifier la réalité à une fausse interprétation de la doctrine. De plus en plus les Chinois considèrent les Soviétiques comme des révisionnistes et les Soviétiques considèrent les Chinois comme des dogmatistes. La Chine se prononce pour la guerre totale en disant qu’elle serait le seul pays capable de supporter une guerre atomique à cause de son immense population de 700 millions d’habitants.

 

1961 :

La rupture déclarée lors du XXIIème Congrès 1961 : L’Albanie n’est pas invitée. Chine est mentionnée en tête. Nombre accru de délégations du Tiers Monde. Deux points suscitent le mécontentement des Chinois :

1. Nouvelles attaques publiques de Staline (culte de la personnalité, purges, principes du léninisme abandonnées). Simultanément, Khrouchtchev critique un « groupe antiparti » stalinien favorable à une politique dure à l’égard des USA.

2. Condamnation de l’Albanie[6]

Quotidien du Peuple 1961 : « Une politique extérieure toujours liée au marxisme-léninisme, celle du Parti du travail albanais. » (Critique indirecte du communisme soviétique) 1962 : Chine accorde une aide économique considérable à l’Albanie.

1962 :

Crise des missiles à Cuba, Limited test ban treaty  Mao est convaincu que l’URSS devient un Etat capitaliste ayant un contrôle bureaucratique et une puissance statu quo. Pour le salut de la révolution, Mao doit revenir au pouvoir car un rapprochement avec Moscou peut infecter l’idéologie chinoise.

1963

Schisme sino-soviétique  attaque au ‘communisme fantoche de Khrouchtchev’

Quotidien du Peuple publie des articles hostiles à Khrouchtchev. L’ambassadeur de Chine à Moscou remet une lettre en 25 points énumérant les questions sur lesquelles le PCC restera intransigeant. La lettre dit qu’il n’existe pas de parti supérieur et que les Soviétiques sont les traîtres de la révolution mondiale. Appel aux partis communistes de l’Ouest et du Tiers Monde : il faut une révolte au sein des partis communistes. Dans un texte publié en 1964 à Pékin, Khrouchtchev est appelé révisionniste qui pratique un socialisme bourgeois.

 

A partir de 1963: La Chine proteste contre traités inégaux du 19ème imposés par la Russie tsariste. Elle revendique des pays himalayens en Inde, en Birmanie, et en Extrême-Orient soviétique, des parties du Kazakhstan, Kirghizie, Tadjikistan. Soviétiques restent intransigeants. Ils ont pratiqué une politique d’immigration dans les territoires sibériens.

 

Politique extérieure de support à tous les mouvements révolutionnaires en Asie et en Afrique : exporte l’idéologie Maoïste en détriment de Moscou et Washington. Mais la Chine ne pouvait pas offrir plus que sa rhétorique : pas des moyens d’offrir ni l’aide militaire, ni économique, ni la protection en cas d’une attaque extérieure. Donc, la Chine n’avait pas les moyens de défier l’ordre international, car elle ne pouvait pas projeter son pouvoir (ex Bombe A en 1964, mais pas de système de lancement).

 

Sa faiblesse à niveau régional  peut être illustrée par son incapacité d’influencer l’issu de la guerre indou-pakistanaise de septembre 1965 et son impuissance face aux militaires indonésiens que se tournent contre Sukarno et le PKI.

 

1964 :

Bombe atomique chinoise.

En URSS, depuis octobre 1964, trois personnalités, dont la mission était d’éviter le culte aux personnalités en URSS,  détenaient l’essentiel du pouvoir à Moscou : Brejnev (Secrétaire général du PC) : le secrétaire général du parti est le prédominant ; Kossyguine (Président du Conseil) ; Podgornyï (Chef d’Etat) : Fonctions étatique et partisane. Chinois parlent de la clique révisionniste de Kossyguine et Brejnev, qualifiés comme nouveaux tsars. Plupart des partis restent favorables à URSS. Incidents de frontière du Xinjiang, musulmans se révoltent dans la vallée de l’Ili.

1965 :

Guerre du Vietnam  La Chine donne son appui Vietnam dans l’espoir que la théorie des dominos devienne réalité. Mais lorsque les attaques aériennes américaines commencent, Hanoi doit se tourner vers Moscou comme le seul capable de lui donner le matériel de guerre nécessaire. Ce glissement est irréversible. En deux ou trois ans les Chinois vont perdre  l’influence qu’ils avaient avant 1960. Pour les Chinois, il ne fallait pas prendre des initiatives à provoquer une réaction américaine, il fout éviter tout accrochage avec les USA.

L’offensive du Têt (nouvel an) de 01/1965- offensive d’envergure menée par des troupes du Vietnam et du Viêt-Cong. Le Viet Minh a réussit à s’emparer des villes importantes et même d’arriver aux banlieues de Shanghai. Regret chinois pour ne pas avoir influencé la politique du Vietnam.

 

Entre 1966 et 1969 l’antagonisme entre Pékin et Moscou s’est accru. A propos du Vietnam, l’internationalisme prolétarien (les  pays communistes vont au secours des pays que veulent y devenir) n’a joué aucun rôle. Chine : la défense des intérêts intérieurs est prioritaire (doit primer, supplanter) l’internationalisme prolétarien. « Les nations sont plus anciennes que les classes ».

Remarques : Pékin X Hanoi Mémoire : poids du souvenir. Relations détestables depuis le 15ème siècle et le Vietnam devient un Etat tributaire de l’Empire chinois.

Che Yi (Figure important du PC Chinois) - « La juste cause du Vietnam finira par emporter, mais qui nous dit que cette victoire ne sera pas mise au service de Hanoi, acharné à constituer une fédération Indochinoise (Vietnam, Laos et Cambodge)  placé sur sa tutelle avec l’appui de l’URSS ».

« Le soutien matériel de Moscou aux combattants vietnamiens est le plus grand qu’on peut apporter. Les Vietnamiens ont de plus en plus besoin des armes que seule Moscou peut les fournir. »

 

1966 :

La Révolution Culturelle en Chine (1966 – 1976 )

Mao se tourne vers les affaires intérieures : il est convaincu que le cancer du révisionnisme a atteint le PCC  réformes de Liu et Deng. Mao se lie à Lin Biao, à ‘le gang des quatre’ (dont sa femme, Jiang Qing est un des membres) et réussi à avoir un appui tacite de Zhou Enlai.

Il s’agit d’une opération de reconquête du pouvoir par les maoïstes, de relancer le mouvement révolutionnaire. Il faut donner à la révolution un caractère permanent pour changer le monde. La révolution culturelle est aussi un conflit des tendances : il avait une prédominance de la ligne économique contre la ligne idéologique (incarné par les maoïstes).

Une entreprise d’éducation de la jeunesse : tout le monde à la campagne (les universités ont pratiquement laissé d’exister pendant six ans).

 Séquence inchoative : Mai 1966, à l’Université de Pékin : un assistant de philosophie se dirige vers les étudiants et lit un texte : « il est juste de se rebeller. Bombardons l’appareil »  « La République populaire de la Chine doit rester rouge parce qu’il existe au sein du parti une ligne noire » (les bourgeois = les révisionnistes, les traites de la cause) « Il faut donner à la jeunesse chinoise un tonus Révolutionnaire ».  « L’enseignement hors de l’idéologie maoïste est sclérosé. » « Le nouveau va émerger  dans la souffrance, dans le sacrifice »

 

Conséquences : La RC va mettre la Chine dans l’anarchie. Dès 1966 des tenants de la RC vont se rebeller pour renverser tous ceux qui font partie de la ligne noire. Création de la garde rouge formé par de jeunes entre 13 et 18 ans : des fils des martyrs de la guerre civile, fils des paysans, etc. L’armée va jouer un rôle important dans la protection des sites d’expérimentation atomiques . Les exécuteurs deviennent décideurs. A défaut des instructions, les diplomates remettent eux-mêmes des initiatives, mais leur marge de manœuvre est réduite. Mais, malgré tout, il s’agit d’une erreur historique dire que pendant la Révolution culturelle la Chine n’avait pas des relations internationales. Les décisions seront prises par Zhou et les membres du Bureau Politique,

Incident dans les relations sino-soviétiques liés à la Révolution Culturelle: Controverse relative  au transite des matériaux soviétiques dans le territoire  chinois, dû au fait que les gardes rouges se sont emparés des armes destinées au Vietnam. Zhou Enlai – « Cesser les interventions intempestives des Gardes Rouges »

Pour les USA : diminution des préoccupations sécuritaires des USA en Asie du Sud-ouest  possibilité de réduction du contingent américain au Vietnam.

Pour l’URSS : Brejnev  Chine perçue comme un voisin instable et dangereux. Mobilisation des troupes soviétiques sur les frontières, cibles des armes atomiques soviétiques dans le territoire chinois.

 

1967 : Premier interkit : réunions pour l’évaluation de la situation en Chine. Membres : URSS, Chine, les pays membres du Pacte de Varsovie (RDA, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie, Albanie et URSS).

 

1968 :

Bomba de Hydrogène chinoise.

Août 1968  Mao : Nouvelle orientation de la politique extérieure chinoise  décision de contrer les gardes rouges : Monté de l’hostilité soviétique, le ‘Printemps de Prague’[7] et la ‘doctrine Brejnev’ (souveraineté limitée = l’URSS a le droit d’intervenir dans les pays communistes afin de corriger les régimes de déviations par rapport au modèle soviétique). Mao réalise que l’isolationnisme chinois est dangereux pour la sécurité de la Chine, donc rapprochement des USA.

Conséquences de la révolution culturale : détérioration des relations avec URSS et rapprochement des USA.

1969 :

USA : janvier 1969: Richard Nixon président  il est pour un rapprochement avec la Chine car il cherche : 1. réduction des tensions en Asie et retraite du Vietnam ; 2. Moyen de pression pour la détente avec l’URSS ; 3. On ne peut pas ignorer un pays qui gouverne sur le quart de la population mondiale.

Assouplissement des restrictions commerciales avec la Chine et Nixon lève l’interdiction aux Américains de se rendre en Chine.

 

Avril 1969 : 9ème Congrès du Parti Communiste Chinois

(Le dernier congrès a eu lieu en 1956, et pourtant, d’après le statut, il en aurai un congrès à chaque cinq ans.) Quasi 23 jours dans lesquels beaucoup des discussions âpres et houleuses (orageuses, tumultueuses) ont eu lieu. Il y avait le problème de l’élection du Conseil Central.

Caractère secret du congrès :Le lieu du congrès n’est pas révélé, aucune délégation étrangère n’y est présente. Dix jours après le début on entend ceci : « Mao a fait un discours qui a bouleversé tous les cœurs. » - donc Mao est redevenu le numéro un du parti.

Communiqué de fin de Congrès : on place l’URSS et les USA sur un niveau égal d’ennemis (d’habitude les USA étaient les pires ennemis. Il n’y plus la même virulence à l’encontre des USA). 

Donc un dialogue devrait être noué entre Pékin et Washington.

 

1971 :

Processus de normalisation des relations sino-américaines : les deux parties reconnaissent ne pas être nécessaire de résoudre toutes leurs différences (Taiwan). Le réalisme l’emporte sur les principes.

Les Chinois invitent une équipe de ping-pong américaine. Nixon annonce la levée de l’embargo sur produits stratégiques. Chine invite Nixon, mais d’abord Kissinger entreprend un voyage secret en Chine le 07/1971. 

 

25 octobre 1971 : Adhésion de la Chine à l’ONU. En effet, les USA voulaient l’admission de la Chine sans exclure Taiwan, mais l’AG vote pour la substitution de Taiwan par la Chine.

 

Rapprochement sino-américain : très long et fait des hauts et des bas. Côté américain : Kissinger ; Coté chinoise : Zhou Enlai « Pour quoi ne pas faire un pas, un petit pas vers les USA »

 

Novembre 1971 : Kissinger examine déjà le texte du communiqué final avec Zhou Enlai pour trouver un accord commun. Les USA veulent un règlement pacifique du différend avec Taiwan car leur objectif est la retraite totale des installations militaires américaines de Formosa. En attendant, les Américains réduiront leur présence militaire au fur et à mesure que la tension diminuera dans cette région.

 

1972

Février 1972 : Visite de Nixon en Chine : « cette semaine va changer le monde ».          Mao : « Le temps passe, dix miles ans c’est trop long. Voici venu le jour pour nos deux peuples d’arriver au sommet de notre grandeur, et bâtir un monde nouveau. »

C’est la première visite d’un président américain en Chine communiste.

On pensait que la Chine était deux fois plus hargneuse (aigre, irritante) et dangereuse que l’URSS.

1972 Premier ministre japonais, Tanaka visite la Chine, romps relations avec Taiwan et reconnaît Beijing (une tendance qui deviendra générale et laissera Taiwan isolée) Trade

 

1973 :

Echange des officiers de liaison entre Pékin et Washington.

La normalisation sera retardée par le scandale de Watergate en 1973, par le déclin de la santé de Zhou et Mao et par les attaques de la ‘bande des quatre’( qui voulaient voir renaître la RC). Zhou Enlai, afin de réparer les dommages causés par la RC appelle Deng au pouvoir.

1975 :

Janvier : Deng est  nommé vice-président du PCC, membre du Comité permanent du BP et chef de la Commission militaire centrale.

 

1976 :

Début 1976 Zhou mort, Deng est purgé et en septembre, Mao est mort. La mort de Mao marque la fin d’une ère dans l’histoire chinoise. Pendant cette période les standards d’éducation et santé sont améliorés, mais le développement économique a été sacrifié par les principes idéologiques. Les changements des politiques internes ont été faits de façon abrupte et violente, impliquant en grandes pertes humaines. La Chine reste économiquement, technologique et militairement sous développée.

 

Après la mort de Mao, la Chine pourrait basculer entre deux tendances politiques : la continuation de la Révolution Culturelle ayant la ‘bande des quatre’ au pouvoir ou une politique plutôt modérée comme celle de Liu et Deng dans les années 60. Pour éviter cela, Mao a fait de Hua Guofeng son héritier politique. Il procède l’arrestation de la ‘bande des quatre’ (comme responsables pour la Révolution Culturelle) mais il est incapable d’évincer Deng qui avait un fort appui par ceux qui voulaient la fin de la RC. Deng sera rétablit dans ses fonctions en juillet 1977. Hua Guofeng est Premier ministre et président du Comité Central. 

 

1978

En 1978 Deng devient l’homme fort de la Chine. Il annonce la politique des ‘Quatre modernisations’ : agriculture, industrie, science e défense nationale. Les changements le plus marquants sont dans le plan de la politique agricole : passage du système collectif de production à la petite propriété familiale augmentation de la productivité. Sur la politique industriel, on a une diminution du contrôle étatique  les industriels sont autorisés à produire dans le modèle capitaliste. Afin de permettre une croissance rapide, la Chine s’est tournée vers l’occident : produits et technologie occidentaux et encouragement des investissements étrangers par la création des ‘zones économiques spéciales’ industries étrangères + main d’œuvre chinoise  produits d’exportation.

Novembre 1978 : Deng se rend en Thaïlande, en Malaisie, à Singapour pour délivrer un message : ‘ Dans la région, en Asie du Sud Est, le rôle de la Chine sera un rôle de stabilisation’.

Novembre 1978 : Alliance entre le Vietnam et l’URSS  ‘Le petit hégémoniste faisant le jeu du grand hégémoniste’

 

Décembre 1978 : Relations diplomatiques entre les USA et la RPC.

Décembre 1978 : Le Vietnam envahi le Cambodge (incidents frontaliers et persécution des vietnamiens au Cambodge). Pour la Chine, le Vietnam essaye d’accomplir son hégémonie en Indochine, ce qui implique un encerclement pro-soviétique de la Chine.

 

La Chine  négocie donc le traité de paix avec le Japon et coopère avec le ASEAN (Thaïlande, Birmanie, Indonésie, Philippines et Singapour). Cette crise renforce la position internationale de la Chine et à niveau interne, le gouvernement de Deng.

 

1979 :

Janvier 1979 : Deng Xiaoping aux USA parle d’une attaque au Vietnam

17 février 1979 : Expédition punitive contre le Vietnam : 80'000 soldats pénètrent en 26 points de la frontière. Les opérations militaires prendront fin le 4/03/1979. Le bilan, selon Deng est plutôt satisfaisant, malgré l’inadéquation de la logistique chinoise  Accélérer la quatrième modernisation.

 

Remarques :

- L’attaque chinoise au Vietnam menace l’ordre international. L’équilibre international est en jeu en raison des liens entre Hanoi et Moscou et entre la Chine et les USA.

- Malgré la fraternité idéologique des régimes de la RPC et RDV, l’intérêt national chinois prime  La Chine cherche un environnement serein pour réaliser les quatre modernisations.

- La Chine veut montrer la précarité de l’alliance entre URSS et RDV. Elle veut aussi tracer une limite aux ambitions soviétiques et briser le mythe d’invincibilité du Vietnam.

- La Chine réagit en légitime défense  respecte à la Charte des NU.

 

18/02/1979 : Quotidien du Peuple : ‘L’attitude agressive du pouvoir réactionnaire vietnamien s’étant accrue, notre armée s’est vue contrainte à riposter’allusion aux problèmes frontaliers.

19/02/1979 : Nan Dan (organe officiel du parti des travailleurs du Vietnam) : ‘Les dirigeants de Pékin se sont démasqués devant l’opinion mondiale. Ils ne peuvent plus désormais s’abriter derrière une phraséologie révolutionnaire pour camoufler leurs agissements contre-révolutionnaires’.

19/02/1979 : New York Times manifeste une inquiétude car il y a le risque d’une intervention soviétique.

A Tokyo on évoque une contre attaque.

Le 21 février, dans le Pravda:’Cessez l’invasion avant qu’il ne soit trop tard’.

 

Mars 1979 : La RPC abroge le traité sino-soviétique de 1950.

Décembre 1979 : intervention soviétique en Afghanistan et suppression du mouvement solidarité en Pologne.

 

Trois obstacles fondamentaux empêchent toute reprise de dialogue : à savoir le soutient de Moscou à la politique vietnamienne au Cambodge, l’important concentration des troupes soviétiques aux frontières chinoises et l’occupation de l’Afghanistan par l’armé rouge.

 

1981 :

Hu Yaobang, leader modéré, il était appréciée pour sa modestie et son franc parler. Il voulait la séparation entre l’Etat et le parti et le gouvernement sous contrôle effectif de l’assemblée national populaire est président du comité central. Révision de l’interprétation du rôle de Mao Zedong.

1982 :

Septembre : Hua Guofeng est exclu du BP ; Hu Yaobang devient secrétaire général du parti.

 

1984 :

Avril : 14 villes côtières ouvertes aux investisseurs étrangers.

Septembre : Négociations avec GB sur la question de Hong Kong : modèle de ‘un pays, deux systèmes’  Hong Kong capitaliste et jouissant d’une autonomie substantielle.  conséquences sur les relations commerciales entre Chine et Taiwan.

 

1987 :

Janvier : destitution de Hu Yaobang.

Avril : accord sur la rétrocession de Macao à la Chine.

 

1989 :

A la fin des années 80, la croissance économique entraîne des changements dans la société : inflation, diminution du pouvoir d’achat des familles moyennes, corruption dans le cadre du parti.

En 1988 un réseau inter universitaire est crée destinée aux commémorations du 4 mai. La mort de Hu Yaobang, le 15/04/1989 accélère ce qui était en gestation.

Avril 1989 : mort de Hu Yaobang (qui est perçu comme une victime des conservateurs) et la visite de Gorbatchev à Beijing  manifestation des étudiants, augmentée par la participation des travailleurs et d’autres groupes de non étudiants dans plusieurs villesRévolte, pas de révolution car pas de stratégie ni unité de pensée; Occupation de la place Tiananmen  plus de démocratie, purges des membres corrompus du parti.  événement crise, traumatique (par la répression) et message. Ce mouvement reste urbain

Remarques : l’audace des manifestants malgré l’interdiction du gouvernement peut être expliquée par :

1.      Recul de la hantise et de la délation et répression (dernier excès répressif en 1976) ;

2.      Mémoire  l’absence des souvenirs  jeunes étudiants ayant 20 ans en 1989 n’ont pas vécu la dernière campagne de répression du gouvernement.

Hésitation de la part du gouvernement ; décision d’intervenir le 20 mai puis répression violente des manifestants le 03 juin 1989. Critiques de l’occident question du respect des droits de l’homme en Chine (surtout après la fin de l’URSS)

 Novembre : Deng Xiaoping quitte ses dernières fonctions.



[1] Au début du 20ème siècle la Mongolie est considérée un pays tributaire à la Chine, mais zone d’influence russe par le biais des leurs relations commerciales.  En 1911 la Russie a soutenu l’indépendance de la Mongolie. En 1924 l’URSS et la Chine signent un traité par lequel  la souveraineté chinoise sur la Mongolie  est reconnue. En même temps, Moscou soutient le mouvement communiste dans ce pays. Graduellement Moscou rapproche le statut de la Mongolie à ceux des républiques de l’URSS, jusqu’à Yalta quand la République Populaire de la Mongolie passe sous la férule de l’URSS.

 

[2] En 1944 la République du Turkestan oriental est un état indépendant formé par les musulmans du Xinjiang. En 1949, cette région est occupée par les Chinois sans aucune opposition de la part de Moscou. L’élaboration du texte relatif à la création des deux sociétés sino-soviétiques dans cette région par le traité de 1950 amène des divergences d’opinion entre les Chinois sur l’équité des dispositions dudit traité. Le Xinjiang couvre un sixième du territoire chinois. Il y a peur de perte de souveraineté sur cette région ou même d’un bénéfice quasi exclusif de l’URSS sur l’exploitation des richesses de cette région.

 

[3] Traité de défense avec Taiwan en cas d’agression, mais l’usage de la force par la Chine nationaliste demande un accord préalable des USA.

 

[4] La formulation en double-négation n'est pas un hasard. Une formulation plus directe aurait pu être interprété comme un revirement de l'esprit révolutionnaire. Khrouchtchev veut révisionner les relations Est-Ouest, mais il ne veut pas les révolutionner.

 

[5] Cette thèse donne satisfaction à la Yougoslavie. Les évènement de la Hongrie en 1956, ou 200'000 personnes trouvent la mort suite à l'invasion soviétique, montrent que cette thèse n'est pas plus qu'un édifice rhétorique.

 

[6] Hodja, le leader communiste albanais, en craignant l’absorption de son pays par la Yougoslavie, a apprécié la condamnation de Tito en 1948. En revanche, le rapprochement de 1955 l’inquiète. En mai 1960, 8 sous-marins soviétiques et leurs navires sont expulsés de l’Albanie. Envois de matériel soviétique arrêté, retrait des experts pétroliers russes. ® L’Albanie se sent isolée et se tourne vers la Chine.

 

[7] Les impacts des événements de Prague sur la relation sino-soviétique :

Secrétaire général du PC tchèque : Dubcek indifférence chinoise. Mais dans la mesure  que le Kremlin s’inquiète, les Chinois développent une sympathie envers ce réformiste. Après l’intervention soviétique les Chinois sentent un mixte d’indignation et craindre d’une intervention soviétique en Chine.

23/08/1968 – Réception à l’ambassade de la Roumanie à Pékin. Premier Ministre Zhou Enlai : « L’attitude du Kremlin constitue la marque d’une politique fasciste de dictat. Au fond, le Kremlin agit comme Hitler. »

Mémorandum – la nouvelle orientation de la politique extérieure de la Chine.

La menace soviétique est de plus en plus sérieuse. La République populaire de la Chine doit reconstruire sa politique internationale. « L’URSS qui ne voit que des vassaux dans sa politique extérieure pouvais bien vouloir étendre son bras à la Chine. »

L’existence des 7 km des frontières entre la Chine et l’URSS (en 1969 il y avait des incidents frontaliers assez fréquents)