Congrès de Vienne et le Concert européen
Système international :
Fin des guerres Napoléoniennes. Vainqueurs : GB, R, AU, P. Perdante : F
Système marqué par l’opposition fondamentale entre la GB et la R, qui sont les puissances prépondérantes en Europe (pas de double hégémonie)
Les acteurs : Leurs intérêts :
établir une paix durable et juste : absence de conflit opposant les grandes puissances et capable de déstabiliser le système, absence de puissance révisionniste.
GB Politique réaliste, empirique qui évite déclaration des principes.
Seule Empire colonial: a des points d’appui dans le monde entier. Suprématie navale incontestable.
affirmation de sa puissance maritime et équilibre continental
Eviter l’hégémonie russe dans le continent = risque de fermeture des marchés (Napoléon)
Endiguement
de F et R
double barrière germanique : P et AU
Statu quo territoriale (pas d’attention au nationalisme) et dév. éco. (Commerce)
Intérêt
dans la fin de l’empire Espagnol
marchés
latino-américains
Maintenir l’EO : route de la soie et peur d’expansionnisme russe (détroits, accès à la Méditerranée)
R Puissance par ostentation et puissance démographique. La grande puissance continentale (terrestre)
Suprématie continentale (rôle d’arbitre, pas de conquête territoriale) et équilibre maritime.
EO :
droit de passage -Bosphore et Dardanelles
accès à la
Méditerranée (commerce et armée)
Pacifique : Alaska, Californie et Vancouver.
AU Pluralité ethnique, donc instabilité
risque des mouvements
nationalistes et révolutionnaires.
Déclin de sa puissance relative face à la R. Priorité : consolider son pouvoir dans le Danube.
Maintenir sa domination dans D (en harmonie mais pas unie) et I.
P Devenir la gardienne du Rhin.
Opposer à la
prédominance autrichienne en D
P pas en état de rivaliser la AU.
Assurer
un accès à la mer du Nord au dépens de Hanovre
qui est liée à la GB
Unité
géographique : territoires séparés
par ‘le couloir de la Weser’
protégé par l’Acte
Fédéral
F Reste sage. Elle cherche à consolider son régime interne = Fin de l’occupation (stabilité interne)
retrouver son statu internationale = reprendre en mains sa politique extérieure et son armée
être réintégrée dans le système = amour propre national et consolidation de la monarchie.
Leurs antagonismes : confrontation à niveau diplomatique : GB et R (niveau européen)
P et AU (dans l’espace allemand)
Personnages principaux :
Alexandre Ier (Tzar jusqu’en 1825): esprit brillant,
mais superficiel;
vanité et orgueil presque maladif = attacher son nom à une grande oeuvre,
jouer le rôle d’arbitre en Europe = hégémonie russe modérée en Europe
Grande armée et la stabilité interne, mais il se sent menacé par une action
conjointe des autres 3.
Metternich (Chancelier jusqu’en 1848): jouit d’un
grand prestige,
ni esprit supérieur, ni sentiments nationaux. Maîtrise de soi, sang froid,
culture et finesse
Il
veut maintenir l’ordre social contre toute subversion d’où Système
Metternich = statu quo et lutte commune des grandes puissances face aux
mouvements révolutionnaires et nationalistes.
Castlereagh (Foreign Office 1812-22)fermeté de
caractère, courage civique, vigueur des ses vues.
Autorité exceptionnelle, réaliste,
diplomate de la vieille école (donc opinion publique = 0 )
La Russie est la grande ennemie – GB
dans les affaires continentaux par le système de congrès.
Talleyrand (MAE de Louis XVIII) Le politique
corrompu et traître cohabite avec le diplomate subtil.
Ministre de Bonaparte (1799 à 1807), trahison, 1814 artisan du retour des
Bourbons.
Participe au Congrès comme porte
parole des petites puissances (Suède, Espagne et Portugal).
Joue sur les divergences entre les
vainqueurs, surtout au sujet de la Saxe.
Il réussit un traité avec GB et AU
contre la R et P.
Les 100 jours annulent les acquis diplomatiques de Talleyrand.
Principe de l’équilibre
stabilité du système
Equilibre des forces :
éviter
l’hégémonie
aucune puissance ne
pouvait imposer sa volonté à toutes les autres.
Equilibre des satisfactions : fondé sur le consensus, adhésion morale
Satisfaction des
principales revendications des puissances de même ordre
par rapport au statu quo
pas de puissance révisionniste = SI stable
Code de conduite international :
subordination de
l’intérêt national à l’intérêt général
maintient du système
pas de rapports de force, mais respect de règles communes.
Principe de légitimité
paix durable par le droit + confiance entre Etats
Légitimité =
restauration des dynasties ‘légitimes’ au profit des autorités traditionnelles
propriétaires terriens et l’église. Bourbons en F
Remarque : Des changements du statu quo territorial possible si les 4 grandes sont d’accord.
Le retour de
Napoléon accélère la fin du Congrès et force les acteurs à la collaboration.
Pays-Bas (Lien avec la question italienne).
GB : création d’un fort Etat tampon = empêcher
expansion de la F vers le Nord.
Fin des rivalités coloniales avec
Hollande
AU : cède la Belgique, reçoit l’Illyrie et
l’influence en Italie
NL : reçoit la Belgique ; récupère Java et
les Antilles ; cède le Cap et le Ceylan
à GB.
Equilibre des forces :
épauler la F: aucun antagonisme entre les grandes.
Toutes les
puissances : pas d’Allemagne unifiée : trop inquiétant pour les
grandes et petites
P Expansion et contrôle du Nord de
l’Allemagne, au nom de celle-ci et de l’Europe
AU Consolider son pouvoir sur le Danube. Donc
D en harmonie, pas unie, alliée à l’AU.
D pour épauler un expansionnisme
russe contre AU
Antagonismes :
Oct. 1814 :
Confédération Germanique basée sur un fort dualisme hégémonique, mais :
AU contre P – Saxe et les petits
Etats allemands sont contre la confédération.
Mai et juin
1815 : Confédération Germanique basée sur un dualisme informel :
AU : prépondérance reconnue
P : hégémonie de fait dans le
Nord allemand
R accepte
et supporte le leadership de AU, mais garde l’influence russe dans la région
Equilibre des
satisfactions :
arrangement pragmatique entre tous les peuples impliqués. AU et P et
Bavière obligées à collaborer = paix internationale
F après le retour de Napoléon et de sa
défaite, la F n’a plus aucun rôle à jouer
AU L’Italie comme un corps intermédiaire
entre AU et F
le Lombard-vénitien (espace le plus grand et plus riche de l’Italie)
influence sur la
péninsule
Antagonismes :
pas d’antagonisme entre les 4 grands.
à niveau
interne : pas véritablement le pouvoir pour diriger et organiser l’Italie.
Les Etats gardaient leur souveraineté interne (pas une confédération), mais AU
comme protectrice.
La possession du
Lombard-vénitien inquiète les autres Etats italiens, sans être une base du
pouvoir AU en I + Coûts de la défense
d’I sur le dos de AU
Equilibre de
forces : sécurité de
l’AU ; Maintenir la F en dehors du espace italien
Moins
satisfaisant à niveau systémique. F et Piedmont exclus du leadership.
R Prétendait la presque totalité de la
Pologne : effort militaire dans la conquête du pays
AU Eviter une Pologne totalement dominé par la Russie car :
-
peur d’un
nationalisme polonais actif et d’un contagion révolutionnaire
-
perte de
puissance relative vis-à-vis de la Russie- Au se sent menacé par la R
P Intérêts dans D, appui de R pour
l’annexion de la Saxe - pousser AU a l’accepter
Antagonismes :
AU cherche
appui de P : Coopération dans la question de la Saxe en échange de la
coopération dans la question de la Pologne
P se rallie à la R
AU se rapproche de la GB
R + P contre AU +
GB = Traité secret d’alliance défensive contre R et P signées par GB, F et AU
(3/1/1815)
Equilibre des satisfactions : Alexandre I cherche compromis avec AU au dépens de P
Compensations
acceptables pour P
Fév. 1815 Pologne
partagée :
- Création de la
ville libre de Cracovie
- Création du
royaume de la Pologne :protectorat Russe (2/3 du territoire)
- AU reçoit la
Galicie
- P reçoit la
Posnanie, et compensations : la Poméranie suédoise et des territoires dans
la région du Rhin.
Ce système est
menacé de l’intérieur par :
Nationalisme : les tracées de frontières n’ont pas pris
en compte les traditions, les ethnies, la langue, la culture ni les sympathies
des peuples = pas de coïncidence entre Etat et Nation. Mais en 1815 les
mouvements nationalistes ne sont pas assez vigoureux pour briser les bases de
la paix. Les conséquences se feront sentir plus tard : Troubles dans les
espaces allemand (1819) et italien (1820) ; Crise Grecque (1821-1823),
L’indépendance de la Belgique (1830), les mouvements de 1848.
Libéralisme
politique : (en
opposition au principe de légitimité) assurer aux individus les garanties
essentielles (libertés individuelle, de presse, de réunion et d’association),
droit de participer à l’administration et à l’élaboration des lois, une
constitution de caractère libéral. Ce programme, dans son principe, vise à une
reforme dans le cadre des Etats restaurés sans mettre en cause le statu
territorial. Mais le triomphe du libéralisme politique dans un Etat européen
ébranlerait l’ordre établi.